Seuil

  • Dans un train, un homme et un enfant traversent l'Europe. Le train les mène d'un siècle à l'autre. Le XXe siècle derrière, le XXIe siècle devant. Dehors, défilent plaines, forêts, champs, villes et rivières qui bientôt auront changé de nom. L'homme et l'enfant ne parlent pas la même langue. Quelle histoire les relie ? Le long des rails : des valises ouvertes, des habits éparpillés. Ce n'est pourtant ni la guerre ni l'exil qui sont la cause d'un tel émiettement. Entre les rangées du wagon, s'avance le Semeur : celui qui a la charge de délivrer les passagers de leurs vies passées. Il balance ce qu'il trouve : sacs, habits, petits souvenirs emportés à l'heure du départ. Le tout achève sa course, sur les pierres, le long des ballasts, dans la poussière.
    Oublier, trahir, puis disparaître est un conte du XXIe siècle, où le lecteur découvre petit à petit le sens du voyage : une traversée où un homme d'âge mûr cherche à transmettre, plutôt qu'une mémoire, l'énergie de l'oubli et des métamorphoses.

  • "Le bouleau, dans le temps littéraire et poétique de la révélation, fut l'arbre du drame, le témoin silencieux de l'extermination; l'arbre du massacre en train d'avoir lieu.
    La peau de son écorce en lambeaux est le visage d'un temps que nous n'avons pas connu, temps de l'anéantissement. Plus d'une moitié de siècle après, nous voilà désormais dans le présent du hêtre, arbre gagné par le h de la hantise. Mais quelle serait la voie de notre désenvoûtement? Comment quitter le XXe siècle ? " C. de T.

  • Ce livre, écrit à l'aube du XXIe siècle, poursuit une seule obsession : excaver le gigantesque édifice de fictions à l'intérieur duquel nous croyons vivre une existence libre et ce, jusqu'à ressentir ou, mieux encore, cerner notre commun vertige. Les Vies potentielles sont les traces de cette excavation, l'instant où le vertige apparaît pour la première fois limpide, détaché des petites chimies préparatoires. Je les vois, ces vies, comme une série de lucarnes où projeter l'état potentiel du monde, ce curieux exil immobile auquel nous sommes aujourd'hui condamnés. C'est un état de fêlure qui transparaît dans ces multiples histoires, une misère qui se prend pour une chance, des rêves qui sont une forme douce, séduisante du cauchemar, des vies qui se refusent, par ambition, mélancolie ou joie, à renoncer aux vitalités de nos conditionnels.Que sont donc ces Vies potentielles ?Des vies qui pourraient être. Infiniment.

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