Dick Howard

  • La théorie de Marx se voulait révolutionnaire.
    Fondée sur l'Histoire, elle devait en être la réalisation et le dépassement. Depuis 1989, c'est l'Histoire elle-même qui semble avoir réfuté la dialectique marxiène et, comme le disait Merleau-Ponty, fait de Marx un classique parmi d'autres. Pourtant, le renouveau de la pensée critique, plus nécessaire que jamais dans un monde dominé par l'économique, passe aussi par la redécouverte de la dimension philosophique de la pensée politique de Marx.
    C'est ce regard neuf sur la philosophie de Marx et sur notre modernité que cet essai se propose d'explorer.

  • La démocratie ne peut pas vivre sans démocrates.
    Devant le constat courant d'une politique devenue " politicienne " et de l'abstentionnisme des citoyens, voici un livre qui se propose de repolitiser la politique et d'élaborer une véritable politique du jugement. La politique se réduit-elle à une éthique ? La gauche, française ou américaine, existe-t-elle encore ? N'y a-t-il place que pour une politique de la volonté ?
    Frayant des passages entre la philosophie, l'histoire et la politique ; entre la Révolution américaine et la Révolution française ; entre l'école de Francfort et la pensée politique française tout en analysant l'actualité politique -européenne ou américaine -, l'auteur donne corps à une théorie politique confrontée à la diversité de pensées allant de Kant, Marx ou Rosa Luxemburg à celles de contemporains tels Habermas ou Gadamer, et ancrée dans le débat actuel entre libéraux et républicains.
    La politique du jugement mise en avant par l'auteur part de la forme libérale de la démocratie (contrat entre deux volontés indépendantes) pour aboutir à une politique de la responsabilité et de la solidarité.
    Elle propose ainsi d'articuler les conditions de possibilité de la fraternité, fondement de la républqiue moderne.

  • En revenant aux origines de la pensée politique américaine de la guerre d'Indépendance jusqu'à la « révolution de 1800 », Dick Howard montre que celle-ci s'ancre dans une histoire singulière où la théorie est sans cesse mise à l'épreuve de l'expérience. Pour ce faire, il reprend les différentes étapes fondatrices de l'histoire américaine pour montrer comment elles ont été vécues, comprises et comment elles ont produit une pensée et des institutions. Le problème auquel étaient confrontés les Américains, en lutte contre l'Angleterre, c'était en effet qu'ils ne pouvaient pas utiliser tels quels les outils politiques en vigueur dans le pays dont ils étaient issus et qu'ils combattaient, ne serait-ce que parce qu'ils constituaient un peuple sans aristocratie. Ils
    devaient inventer autre chose.
    L'expérience précédait la théorie et la façonnait. Mais la réflexion venait ensuite critiquer ce qui avait été vécu et mis en place. Assez vite, par exemple, la question s'est posée de savoir comment faire pour respecter la
    règle démocratique de la majorité, tout en la modérant pour éviter que les passions n'imposent des décisions qui mettent en danger le bien commun. De même, fallut-il s'interroger sur le système représentatif, dès lors qu'on ne s'appuyait plus ce qui était une nouveauté sur les ordres anciens (noblesse, clergé, tiers état).
    Comment passer de la représentation des valeurs à l'arbitrage des intérêts oe
    L'approche pragmatique américaine a débouché sur la naissance d'une «démocratie républicaine», qui voudrait tempérer l'expression de la volonté populaire par les exigences formelles et procédurales de la respublica, et inversement réguler la volonté politique par le débat démocratique. C'est à l'aulne de cette figure du « jugement politique » inventée par les États -Unis naissant que la critique nécessaire de leur action dans le monde d'aujourd'hui sera la plus pertinente.

  • Pendant un an, depuis la réélection de George W. Bush en novembre 2004, le philosophe
    américain Dick Howard a tenu une chronique hebdomadaire de la vie démocratique dans son pays.
    Au cours de cette période, l'Amérique a souvent semblé, aux yeux des observateurs français, en
    proie à ses démons. Loin de tout esprit partisan, Dick Howard s'est attaché à discerner dans les
    événements en cours les enjeux et des choix politiques fondamentaux. On trouvera évoqués dans
    ces pages aussi bien les questions liées à l'occupation de l'Irak, les débats autour des nominations à
    la Cour suprême, les interrogations suscités par le cyclone Katrina, que des réflexions sur le rôle des
    médias, sur certaines institutions culturelles, ou sur l'usage de la mémoire, de la morale ou de la
    religion. En philosophe, l'auteur ne se contente pas d'un commentaire immédiat de l'actualité, mais
    s'efforce de montrer comment s'exerce la responsabilité politique, du point de vue des différents
    acteurs de la cité : gouvernement, l'opposition, journalistes, citoyens...
    Si la première année de la deuxième administration Bush a été particulièrement riche en
    matière à commentaires, ces Chroniques américaines portent la réflexion largement au-delà en
    offrant une connaissance en profondeur du rapport complexe que les États-Unis, la première
    puissance mondiale, entretiennent avec la démocratie.

  • Comme nombre d'Américains, Dick Howard a été profondément choqué par l'élection de Donald Trump. Avec les événements de Charlottesville, en août 2017, cette stupéfaction a tourné à la honte. Qu'est donc devenue l'Amérique pour la démocratisation de laquelle l'auteur s'est engagé au début des années 1960, jeune étudiant, avec le mouvement des Droits civiques ? De King à Obama, la République américaine semblait avoir progressé. D'où vient ce visage cynique et grimaçant qu'elle présente actuellement ? Proposant une relecture inédite de l'histoire contemporaine des États-Unis, Dick Howard montre où, quand et comment les choses ont dérapé. Il explique pourquoi les élites intellectuelles n'ont rien vu venir. Le racisme, le ressentiment des classes pauvres et moyennes blanches, et la conception guerrière de la politique qui s'est installé depuis la fin des années 1980 mettent aujourd'hui la démocratie en péril. Dans ce livre essentiel pour comprendre l'Amérique contemporaine, Dick Howard ne dénonce rien de moins que la corruption du politique, dont Trump est l'ultime avatar. Et dont Barack Obama est, peut-être aussi, en partie responsable...

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