Jean-Luc Despax

  • Après Des Raisons de chanter, 220 slams sur la voie de gauche et 9.3 Blondes light, on retrouve dans ce livre de poèmes ce qui fait la touche personnelle de Jean-Luc Despax : la verve satirique, le regard décalé sur l'actualité, le jeu apparemment décontracté, mais en réalité savant, avec le langage d'aujourd'hui. Les formes se mettent au service de cette démarche engagée, du haïku à l'alexandrin, du journal de bord des élections françaises à la fable, du slogan à l'élégie...

  • « Ma colère monte face au cynisme néo-libéral, ce désir calculé par les nouvelles castes de faire accepter comme une amélioration ce qui est de l'ordre de la dégradation des vies. La casse sociale s'invente comme un air-bag magnifique contre les sorties de routes de l'Histoire. Combattre les injustices par le verbe quand les relais médiatiques, aux ordres, ne servent que l'extinction reprogrammable du désir révolutionnaire, condamnerait-il au donquichottisme clandestin ? Cependant, comme la poésie est précieuse par son désintéressement même, elle a le devoir de lutter contre la réduction du monde au statut de marchandise, de réservoir disponible pour la consommation. Il s'agit d'user des moyens musicaux du saboteur post-moderne. »

  • II n'y a pas de destinée plus douloureuse que celle de ce juif russe de Saint-Pétersbourg, né en Pologne de père letton, attaché à sa ville, à sa langue, à toutes ses traditions, célèbre à vingt ans, trahi par la révolution en laquelle il avait mis son espoir, happé, ballotté et finalement broyé par la machine infernale du bolchevisme.
    On se croirait dans un roman policier noir quand Staline, qu'on ne voit jamais, joue au chat et à la souris avec le tendre poète, avant de l'abattre. Humilié, affamé, torturé, comme crucifié, le poète, oublié de son vivant, aura pourtant chanté jusqu'au bout dans le secret. Tout à la fin, en 1938, devenu un vieillard de quarante-sept ans, il récite à ses compagnons de goulag, des détenus de droit commun, ses derniers poèmes.
    Il sera redécouvert et glorifié après sa mort grâce à son admirable veuve, Nadejda, et aux deux poètes que Jean-Luc Despax appelle ses fils spirituels, Paul Celan et Joseph Brodsky. Il est reconnu aujourd'hui comme l'une des grandes voix du siècle, à l'égal de Rilke, Michaux ou Pessoa. Cette belle biographie, pleine d'intelligence, de ferveur et même de tendresse, est l'oeuvre d'un jeune poète pour qui Mandelstam est un grand frère, un copain de génie, comme pour lui l'avaient été Dante, Villon et Pouchkine.
    (Robert Bréchon)

  • Prof is beautiful

    Jean-Luc Despax

    • Aden
    • 21 Mars 2005

    Philippe Numen est professeur de français à Tristeville, au collège d'enseignement public Célestin Freinet.
    Ce n'est pas son récent échec à l'agrégation, ni ses déboires sentimentaux, qui l'accablent le plus, mais la tyrannie de Brochette, le Principal, et la veulerie de ses acolytes. Humiliés, ridiculisés, culpabilisés, menacés, empêchés d'être eux-mêmes, tels sont la plupart des enseignants de ce livre. Philippe Numen va faire l'apprentissage de la révolte... Fable réactionnaire ? Utopie douteuse ? Ni l'une ni l'autre.
    Voici un roman pleinement libertaire, l'humour et le gai savoir en plus !

  • Sans doute toute poésie est-elle en son fond anti-raciste, dans la mesure où elle est parole partagée, conjugaison du réel le plus singulier et de l'universel, à la fois concrète et abstraite, dans la mesure aussi où elle est toujours, quelle qu'en soit la forme, refus de l'enfermement de l'individu dans ses limites étroites.
    « Je est un autre » disait Rimbaud et on sait comment l'a+rmation de cette altérité des êtres, de cette part d'inconnu qu'ils portent en eux, a ouvert la voie à tout un aspect de la modernité qui a cherché (et cherche toujours) à explorer ces territoires étranges.
    Mais reconnaître l'autre en soi n'interdit pas (au contraire) de reconnaître soi en l'autre. Car l'autre est aussi un « Je ».
    Ainsi donc, toute poésie est-elle anti-raciste et on aurait pu à l'appui de cette assertion faire ici un bouquet de poèmes sur des sujets très divers sans sortir du thème pour autant.
    Mais il est des moments où les choses les plus évidentes « vont mieux en les disant ».
    Quand on voit se développer dans notre société la haine de l'autre, la xénophobie, les vieux ré>exes qui font qu'impuissant à a$ronter les causes réelles de la situation on désigne de commodes boucs émissaires, il est compréhensible que de nombreux poètes éprouvent le besoin d'intervenir plus directement.
    Certes, on ne peut pas demander à la poésie de résoudre les problèmes de la société, mais on ne saurait lui interdire de s'en mêler. La poésie est après tout une forme de la conscience, c'est-à-dire une expression de la pensée et de la sensibilité d'une époque.
    Or on sait bien que les préjugés racistes ne mettent pas seulement en mouvement des idées, des conceptions, mais aussi des images plus ou moins conscientes et des sentiments.
    Il est donc normal et nécessaire qu'en la matière la poésie aussi ait voix au chapitre.
    Extrait de la préface de Francis Combes C'est pourquoi les éditions Le Temps des Cerises se sont adressées à de nombreux poètes contemporains, en majorité français mais aussi quelques étrangers, pour composer cette anthologie. Elle présente quelques poèmes aujourd'hui « classiques » sur le sujet et une grande majorité de poèmes nouveaux et inédits.

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