Pierre Lieutaghi

  • Ce livre explore les relations entre les hommes et les plantes sauvages au fil des siècles. Il analyse ce qui s'est passé dans la mise en oeuvre et en pensée de ces plantes compagnes, ce que nous devons encore aujourd'hui à cet échange et ce qui se constitue sous nos yeux, car le dialogue entre hommes et plantes n'est pas rompu.

  • Aujourd'hui, qui pourrait encore ignorer que notre monde traverse une crise écologique et sociale d'une ampleur inégalée ? Les faits sont bien connus mais nous manquons cruellement de jalons pour l'affronter et repenser notre usage du monde. Privilégiant les sources accessibles à tous, Pierre Lieutaghi interroge sans relâche le réel, parfois en philosophe, parfois en conteur, toujours en humain libre et jamais résigné, et, ce faisant, explore et partage de nouveaux territoires d'idées. Au coeur de ceux-ci, il place la dynamique de la confiance, une force discrète et pourtant seule capable de contrecarrer la défaite annoncée, de fédérer les humains et de précéder leurs métamorphoses.

  • Dans nos sociétés urbaines du xxe siècle à sa fin, les plantes médicinales ont retrouvé une place importante et paradoxale.
    De mieux en mieux connues quand à leurs constituants et leurs effets, souvent (re) devenues remèdes courants mais sous les traits du médicament classique, très requises par la cosmétologie et la diététique, on les perçoit pourtant de moins en moins dans leur nature première d'êtres végétaux. le livre des bonnes herbes, dans son double souci de faire connaître et la plante et ses usages, n'oublie pas que les " simples " sont autre chose que des remèdes standard : des êtres vivants dont l'approche amicale, attentive, vaut déjà comme amorce de confiance.
    Et dans cette rencontre où la fréquentation du pré ne contredit pas les acquis du laboratoire, la liberté trouve son compte ! cette troisième édition révisée du livre des bonnes herbes, manuel d'apprentissage d'une flore familière très riche en offres thérapeutiques de valeur, accessible à tous, s'obstine donc à voir dans le recours aux simples, une preuve d'autonomie toujours vivace au bord du champ clos des grandes (et coûteuses) techniques de soins.

  • Edité pour la première fois en 1969, le laye des arbres, arbustes et arbrisseaux, qui associait l'étendue et la rigueur de l'information à une forme accessible à un large public, oeuvre de botanique et d'ethnobotanique mais aussi tentative d'écriture, était vite apparu comme la plus riche synthèse de langue française en son domaine.
    Flore descriptive avec clefs d'identification de toutes les plantes ligneuses de france (région méditerranéenne comprise) et, des pays de l'europe moyenne, développant au besoin des points intéressants de leur biologie, de leur écologie ou de leur distribution, l'ouvrage traite simultanément des principaux aspects de leur rencontre avec les sociétés, dans l'histoire comme de nos jours : emplois artisanaux et industriels, usages médicinaux et alimentaires, " folklore ", croyances et symboles.
    Bibliographie critique et index thématiques ajoutent à l'intérêt du livre comme outil de recherche. devenu l'un dès ouvrages les plus recherchés de l'édition naturaliste française d'après-guerre, le livre des arbres, arbustes et arbrisseaux est enfin réédité. prix du conseil de la société botanique de france en 1971, ce livre reste un texte de référence pour quiconque s'intéresse aux plantes ligneuses de nos climats, en un temps où leur devenir ne va plus de soi, où il convient de reconsidérer le futur des arbres avec les meilleurs repères possibles.

  • A partir d'une enquête ethno-botanique conduite en haute Provence dans les années 1980, Pierre Lieutaghi présente et commente la connaissance populaire des plantes, médicinales en particulier, dans l'état que nous léguait la transmission orale à la fin du XXe siècle.
    Le corpus global de cette collecte, réalisée sous la responsabilité de l'auteur et dont c'est ici la première publication, se révèle d'une grande richesse par la quantité des données (plus d'un millier), par la diversité des informations, souvent inédites, et par les multiples questions qu'il pose. La plupart de ces questions, jamais formulées à ce jour, touchent à la constitution, à la transmission et à l'évolution des savoirs traditionnels dans nos pays en ce qui concerne la relation à la flore et sa mise en oeuvre en médecine.
    Contrairement aux idées courantes sur la «tradition», cette connaissance populaire des plantes n'a rien de l'héritage intangible qu'on se serait transmis d'une génération à l'autre, depuis un lointain passé, sans guère d'incidences extérieures. Elle résulte plus largement de nombreuses influences, certaines bien plus anciennes que l'histoire, d'autres très récentes ; l'oral y a rencontré l'écrit, l'empirisme la science. C'est un patrimoine complexe, regardé d'habitude sous le seul angle de la «recete», mais qui peut enseigner beaucoup sur la perception et l'usage de la flore, de la nature en général.
    Il y a d'abord l'évidence de la très grande richesse d'une «culture du végétal» restée active jusqu'à notre temps, par laquelle se manifeste le pouvoir de maintenir, de transmettre, de transformer, d'inventer, des sociétés rurales de nos pays. Cette culture peut détenir des connaissances inconnues de l'écrit, proposer des pistes de nouveauté au savoir pharmacologique actuel. Mais elle est surtout considérée ici dans son rapport avec l'arrière-plan végétal et culturel ; l'auteur tente de comprendre ce qui en fait la spécificité éventuelle, la diversité, la mobilité, ce qui la distingue ou la fait voisine de ce qu'on rencontre en d'autres régions, en d'autres pays.
    Ce livre n'est donc pas un manuel de phytothérapie qui voudrait s'inspirer du savoir populaire : c'est un véritable essai de réflexion sur ce savoir, c'est une «ethnobotanique par l'exemple» qui tiendra lieu de repère, souvent comparatif, à toute recherche analogue dans le domaine français, et, plus largement, dans le vaste contexte culturel méditerranéen. Pierre Lieutaghi, adoptant une démarche d'«écologie des savoirs», met en évidence une quantité de pistes de réflexion nouvelles qui n'intéresseront donc pas seulement l'ethnologue
    ou l'utilisateur de remèdes végétaux, mais toute personne concernée par la
    compréhension, plus que jamais nécessaire, de ce qui nous lie aux propositions de la nature.

  • Elio

    Pierre Lieutaghi

    Dans la famille Nerto, l'affection n'est jamais absente, mais le secret qui entoure la mort du père empêche une vraie parole. L'irruption joyeuse de Lise et la complicité de son grand-père permettront au jeune Elio d'accéder à une empathie libératrice. Avec ce premier roman, l'ethnobotaniste Pierre Lieutaghi livre une voix singulière, claire et sensible, cultivée et drôle.
    En léger différé, car il n'a pas encore vingt ans, le jeune Elio fait le récit à la première personne et au présent de ses années d'enfance et d'adolescence.
    Elio Nerto vit avec Isée, sa soeur rieuse, aussi impertinente et vive que douée au violoncelle, et sa mère, Linda, partagée entre son travail de médecin et l'affection inquiète dont elle entoure ses enfants. Dans leur grande maison-jardin désuète de la banlieue lyonnaise, Elio est amoureux des herbes folles jusqu'à jalouser les coccinelles. Il s'initie à ses premières passions : celle pour la musique qui l'incite à composer des textes pour son groupe de rap, et surtout, celle des mots écrits ou prononcés par lesquels tout advient. Car Elio a très tôt deviné que des mots, et seulement d'eux, viendrait le salut, quel qu'en soit le prix.
    Linda, la mère, est infiniment plus douée en amour qu'en paroles. Elle semble n'avoir épargné personne dans le piège de silence qu'elle s'est à elle-même tendu jadis, le jour de la mort de Martin, le père de ses enfants. À peine Elio et Isée savent-ils que Martin a disparu en montagne lors d'une mission de sauvetage, quand ils étaient tout jeunes. Aussi ce père-fantôme comme le tourment de Linda rendent-ils Elio plus fragile, mais plus présent dans un monde d'incertitude tôt perçue. Alors comment grandir à partir de souvenirs aux contours si mal dessinés ?
    Sa survie, Elio la doit chaque jour à la présence rayonnante de sa première confidente, Lise, qui assure sa mission de baby-sitter-gouvernante avec une énergie inventive et une fantaisie des plus réjouissantes. Mais l'affection joyeuse et formatrice de Lise ne parvient pas toujours à masquer l'ombre qui pèse sur le clan Nerto.
    Pour que Linda se libère de sa culpabilité et qu'Elio et Isée acceptent la part de nécessité contenue dans chaque mensonge, il faudra compter sur les secrets d'un herbier et la complicité chaleureuse du grand-père Luciano.
    Au long de ce roman de la filiation et des attachements, des renoncements et des rencontres bouleversantes, la voix d'Elio emprunte à la sagesse des proches les mots justes et l'humour pour dire la complexité des premiers savoirs, des premiers désirs et des premiers regrets.
    Ce roman de formation et d'apprentissage du bonheur est le premier roman d'un écrivain qui a longtemps mis sa voix singulière, sensible, cultivée et drôle au service de l'ethnobotanique.

  • Deux précieux et complémentaires manuels d'apprentissage de notre flore la plus familière : Le Livre des bonnes herbes et Le Livre des arbres, arbustes & arbrisseaux.

  • la petite ethnobotanique méditerranéenne commence par décrire des plantes, sauvages surtout, leur habitat, leur distribution géographique, s'attarde au besoin sur certaines de leurs particularités biologiques ou écologiques.
    elle s'intéresse aussi aux milieux végétaux les plus caractéristiques - maquis, garrigue, pinède, etc. - et au rôle central du feu dans leur constitution et leur devenir. c'est le côté naturaliste de l'ouvrage. ethnobotanique, le livre traite du végétal dans ses relations avec les sociétés méditerranéennes, de ses fonctions diverses dans l'ordre matériel, mais aussi dans le registre symbolique, entre aliment et remède, senteur et saveur, artisanat et ornement, passé et présent., non sans quelques aperçus vers les productions de l'imaginaire.
    c'est la part " sciences humaines ", mais sur le ton du récit. a la fois aide-mémoire et des petites merveilles de garrigue et mini-encyclopédies des rencontres entre les gens du sud, la flore et les paysages floraux, la petite ethnobotanique méditerranéenne nous invite à regarder plus attentivement un décor végétal oublié à force de présence : jamais plus qu'aujourd'hui il n'a sollicité d'attention diligente.


  • Cette nouvelle édition propose finalement à la «Petite ethnobotanique méditerranéenne» de devenir grande en doublant de volume. Ouvrage naturaliste, le livre décrit les plantes méditerranéennes, leur habitat, leur distribution géographique mais aussi les milieux végétaux les plus caractéristiques (maquis, garrigue, pinède...). Ouvrage ethnobotanique, le livre traite du végétal dans ses relations avec les sociétés méditerranéennes, de ses fonctions diverses dans l'ordre matériel, mais aussi dans le registre symbolique, entre aliment et remède, senteur et saveur, artisanat et ornement, passé et présent, non sans quelques aperçus vers les productions de l'imaginaire.

  • Bien avant la domestication du feu, la flore a passé avec lui des accords bipartites : je t'offre un incendie, tu m'offres un renouveau. Pas de savanes, pas de milieux méditerranéens (où le feu, depuis 10000 ans au moins, est l'allié des sociétés), pas de forêts secondaires résineuses, pas de "Grande Prairie", etc., sans la survenue régulière des flammes. A cette alliance des plantes et du feu, qui lui est très antérieure, l'humanité va ajouter de multiples extensions.
    Les plus anciennes fondent sa propre histoire. Bien d'autres accompagneront les progrès des techniques et de la pensée, l'irradiation des croyances, les représentations des dieux, l'imaginaire de la chaleur et de la lumière (terrestre et spirituelle), la perception même de la vie, jusqu'en l'au-delà. De nos jours encore, quand il est associé à des intentions perçues comme "matérielles", le couple végétal/feu exclut rarement la part du symbole.
    On pourrait avancer que ce qui associe le feu et la plante relève d'une sorte d'évidence où la séquence de la cause aux effets irait de soi, ne poserait pas vraiment question, appellerait davantage le constat que l'interrogation. On soutient que le thème pâtit de sa (supposée) banalité, que le seul inventaire de ce qui s'y relie dans le champ de l'ethnobotanique révélerait des chemins de réflexion à ce jour peu suivis, voire inaperçus, et traversant l'actuel au moins autant que le passé.
    (Pierre Lieutaghi)

  • Les plantes des femmes.

    Dans nos sociétés rurales traditionnelles, les travaux de la terre, labours, culture des céréales et de la vigne, élevage et conduite des grands animaux, sont des attributions masculines aussi exclusives que la chasse. À la femme reviennent une multitude de tâches regardées comme secondaires, souvent en rapport avec les plantes.

    L'expression « plantes des femmes » peut s'entendre de plusieurs façons. Elle concerne d'abord le domaine gynécologique, ce que les femmes se transmettent d'une génération à l'autre et mettent en oeuvre pour tout ce qui concerne leur corps dans ses fonctions et ses maux. En haute Provence, c'est dans cette acception qu'on disait « plantes des femmes » à la fin du siècle dernier.
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    Les connaissances, ici en jeu, qui intéressent un nombre important de végétaux ont une remarquable permanence dans les siècles : la tradition orale en perpétue encore qui étaient déjà consignées dans l'Antiquité.

    À l'héritage plus ou moins remanié des générations anciennes, les « plantes des femmes » voient s'ajouter, au début du 21e siècle, beaucoup de nouveaux modes d'usages, de partages, de transmissions, de représentations...

    On s'est trop peu intéressé à ce contemporain en pleine métamorphose, où il apparaît que la prééminence de l'urbain dans nos sociétés est loin d'entraver l'évolution et l'enrichissement de la relation au végétal, et plus généralement à la nature.

    Les manques d'un séminaire, qui souhaitait ne pas s'en tenir à un « traditionnel » très dépendant du passé, sont autant d'invites à considérer le présent des rencontres avec le végétal, où il se pourrait bien que la part féminine ait de plus en plus à voir avec le devenir même du Monde.

    Pierre Lieutaghi

  • Les plantes des femmes.

    Dans nos sociétés rurales traditionnelles, les travaux de la terre, labours, culture des céréales et de la vigne, élevage et conduite des grands animaux, sont des attributions masculines aussi exclusives que la chasse. À la femme reviennent une multitude de tâches regardées comme secondaires, souvent en rapport avec les plantes.

    L'expression « plantes des femmes » peut s'entendre de plusieurs façons. Elle concerne d'abord le domaine gynécologique, ce que les femmes se transmettent d'une génération à l'autre et mettent en oeuvre pour tout ce qui concerne leur corps dans ses fonctions et ses maux. En haute Provence, c'est dans cette acception qu'on disait « plantes des femmes » à la fin du siècle dernier.
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    Les connaissances, ici en jeu, qui intéressent un nombre important de végétaux ont une remarquable permanence dans les siècles : la tradition orale en perpétue encore qui étaient déjà consignées dans l'Antiquité.

    À l'héritage plus ou moins remanié des générations anciennes, les « plantes des femmes » voient s'ajouter, au début du 21e siècle, beaucoup de nouveaux modes d'usages, de partages, de transmissions, de représentations...

    On s'est trop peu intéressé à ce contemporain en pleine métamorphose, où il apparaît que la prééminence de l'urbain dans nos sociétés est loin d'entraver l'évolution et l'enrichissement de la relation au végétal, et plus généralement à la nature.

    Les manques d'un séminaire, qui souhaitait ne pas s'en tenir à un « traditionnel » très dépendant du passé, sont autant d'invites à considérer le présent des rencontres avec le végétal, où il se pourrait bien que la part féminine ait de plus en plus à voir avec le devenir même du Monde.

    Pierre Lieutaghi

  • La fonction biologique des racines, sans cesse mieux comprise, semble avoir totalement occulté, sinon épuisé, leur puissance symbolique. Pourtant, comme elles peuvent s'étendre sous la terre quand l'hiver a fait disparaître la plante qui s'y relie, les racines vont toujours profond dans nos pensées, le vécu du monde, les rêve des origines. Quelquefois elles rappellent aussi ce qui ne doit pas ressurgir...

  • De la capucine à l'olivier en passant par l'aspérule ou la sarriette, cet album pour adulte est un hymne à toutes les plantes qui soignent, qu'elles poussent au bord des routes ou dans les bois, qu'elles se mangent ou se badigeonnent sur une plaie, qu'elles aident les cheveux à repousser ou qu'elles guérissent la toux...
    Racontées dans des textes truculents et poétiques sous forme d'ex-voto signés Pierre Lieutaghi, écrivain et ethnobotaniste de renom, ces plantes se dévoilent dans les gravures de Christine Morel.

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