Epure

  • Mimi, Fifi & Glouglou se mettent à table Nouv.

    Toujours aussi enthousiastes, exigeants et incom-pétents, Mimi, Fifi & Glouglou remettent le couvert pour quelques séances de dégustation couronnées de quelques très rares moments de gloire et beaucoup d'échecs cinglants.
    Ils ne savent pas ce qu'ils boivent, encore moins ce qu'ils disent, car leurs illusions s'évaporent encore plus vite que le vin dans leurs verres.
    Objets d'un amour monomaniaque, les vins bios, biodynamiques ou naturels les préservent du mal de tête, mais pas de la prise de tête. Ils glosent, radotent, abusent, gaffent, ils parlent même avec un cheval ou se transforment en chiens. L'ivresse n'excuse pas tout.
    Heureusement, restent les bonnes tables pour apprécier des plaisirs sans arrière-pensées, tant qu'un sommelier autoritaire ne s'en mêle pas...

  • « Si je vous dis que le curry, avec les tempuras, les sushis et les râmen, est l'un des plats représentatifs du Japon, vous ne me croirez peut-être pas immédiatement. Pourtant, un Japonais mange du «karê raisu» (curry and rice) en moyenne 73 fois par an. À la maison comme dans les restaurants, le style du curry développé par les Japonais est si singulier qu'il existe même une plaisanterie à ce sujet : un Indien en visite au Japon, après avoir goûté au curry japonais, s'exclame :
    'C'est délicieux ! Comment ce plat s'appelle-t-il ?' » Ryoko Sekiguchi « Dans la cuisine de la Maison du Voyageur à Cancale, nous avons tâtonné, avancé au nez dans un tunnel d'échantillons des parfums de currys japonais rapportés par Ryoko pour trouver la quintessence de cette composition, afin ensuite d'être en mesure de la réaliser. Après de nombreux essais, nous avons, ensemble, choisi d'y ajouter de la laitue de mer des côtes bretonnes. Cette algue apporte une douceur iodée qui accentue l'umami (du curry déjà présent grâce au hatcho miso. » Mathilde Roellinger Nous souhaitons que ce livre incite les amoureux et les curieux à préparer un curry du levant comme les japonais à la maison et aussi à trouver d'autres inventions.

  • De la sueur, du sang, des larmes, du chardonnay et du grenache. Mimi, Fifi & Glouglou reviennent !
    Après quelques timides tentatives de détox, Mimi, Fifi et Glouglou ont décidé de s'adonner de plus belle à leur occupation favorite : la dégustation à l'aveugle, si possible avec des commentaires savants. Ils se perfectionnent, vont à la rencontre de vignerons, s'aventurent même dans le vignoble et dans les chais. Mais le résultat n'est pas toujours à la hauteur et quelques rencontres féminines leur font comprendre leurs limites. C'est bien la peine de passer autant de temps à s'entraîner pour de si piètres résultats !
    De nombreux pièges guettent celui qui s'expose à parler du vin : snobisme, ignorance, dogmatisme, leçons retenues très approximativement. Pour garder leur dignité, éviter de sombrer dans le ridicule, Mimi, Fifi & Glouglou sont prêts à faire preuve de la pire mauvaise foi. La rivalité exacerbe leur combativité. Pour s'imposer, il ne faut pas hésiter à taper le premier.
    Quand ils se sentent dépassés, nos trois dégustateurs se réfugient dans le rêve. Rêves de gloire, déambulations angoissantes au milieu de bouteilles géantes, rêves qu'un jour, enfin, ils sauront glisser négligeamment en reposant leur verre : « Crozes-Hermitage blanc 2007, 70 % marsanne, 30 % roussane sur sous-sol argilo-calcaire... »

  • La passion immodérée du vin peut conduire à certains abus. Mais dans le cas de Mimi, Fifi et Glouglou, ça n'est pas tellement qu'ils boivent trop, mais qu'ils boivent tout le temps. La dégustation, ils ne pensent qu'à ça, ils en rêvent la nuit, c'est une passion qui l'emporte sur tout. Goûter les vins, les comparer, mettre des mots sur des sensations fugaces et insaisissables, et surtout le Graal : reconnaître un vin à l'aveugle, l'appellation, le millésime, le vigneron et, si possible, le prénom de sa belle-soeur.
    Hélas, cet exercice réserve bien des déceptions. Mimi, Fifi et Glouglou vont faire assaut d'ignorance, de présomption, de mauvaise foi, connaître l'échec, mais jamais rien ne les découragera, parce qu'ouvrir une bouteille en se demandant quelles surprises elle vous réserve fait partie des plaisirs les plus exquis de l'existence.

  • Depuis la nuit des temps, avant même que l'homme ne découvre la cuisson, on sait qu'il se nourrissait d'aliments fermentés. Culturels et empiriques, les processus de transformation des aliments restaient pourtant mystérieux et laissaient penser à une intervention divine.
    Dés le XVIIe siècle, ces forces invisibles, portent un nom et sont désormais identifiables au microscope. Depuis, les technologies récentes découvrent le rôle primordiale des micro-organismes dans la chaine du vivant, mais aussi de l'insondable complexité de leur organisation .
    Même si nos yeux ne les voient pas, notre palais et notre odorat les reconnaissent souvent avec davantage de pertinence. Le vin, le pain, le fromage et le chocolat sont des exemples d'aliments fermentés, rendus à l'excellence grâce à ces micro-organismes.
    /> Bien que la science nous aide à mieux comprendre ces phénomènes, l'impassible transparence de notre environnement dans lequel grouillent ces êtres invisibles, n'en reste pas moins un mystère. Ici la cuisine est un moyen de convoquer et de communiquer avec les invisibles.

  • Des cerises chiliennes ou des haricots verts en provenance du Kenya au mois de décembre. Des tomates arrivées directement du sud de l'Andalousie en février ou des fraises, au mois de mars, nées sous des serres chauffées, sur de la fibre coco en France. Des grappes de raisins du Pérou en avril et des pommes sorties de chambres à atmosphère contrôlée en juin. La liste est longue, presqu'aussi longue que le chemin parcouru par la majorité de ces fruits et légumes qui inondent les étals des marchés et hypermarchés de notre pays, tout au long de l'année. Les « évolutions » de l'agroindustrie font que les poules pondent toutes l'année, les chèvres produisent du lait en hiver, les tomates poussent hors sol dans des serres chauffées et éclairées.
    Il n'y a plus de contraintes saisonnières de production ou de transformation.
    Nous sommes devenus des consommateurs pressés et avons perdu le cours des saisons, la notion des cycles naturels. Nous jouons depuis trop longtemps aux apprentis sorciers avec la Nature. Nos choix alimentaires conditionnent notre santé et la santé de notre planète. Il est temps de redécouvrir le plaisir de savourer le meilleur de chaque saison, de reprendre le contrôle de notre alimentation, de prendre les bonnes décisions... pour demain.

  • Si vous vous demandez ce que peut bien vouloir dire un thé naturel ou si vous pensiez que le yellow tea était un thé jaune alors ce manuel est pour vous. Si vous aussi vous avez été surpris de ce que l'on pouvait mettre dans votre tasse d'eau chaude alors ce manuel est aussi pour vous.
    Depuis ces 20 dernières années le thé a fait couler beaucoup d'encre. Entre bienfaits et histoires entrainantes d'un voyage gustatif millénaire il n'est pas toujours aisé de s'y retrouver. Qu'est réellement cette plante qui serait si bénéfique pour notre santé ? Comment devrait-on le boire ou même le conserver ?
    Le Manuel pour s'initier au thé naturel propose de donner les clés pour mieux appréhender ce produit que vous pourrez bien vite adopter.

  • J'ai découvert à Venise pour la première fois, il y a plus de vingt ans les spaghettis à l'encre de seiche. J'ai aimé ce goût, cette texture mais aussi cette couleur inhabituelle pour un plat. J'ai, depuis, saisi toutes les occasions pour essayer un plat traditionnel à l'encre ou pour en créer de nouveaux. Cet ingrédient essentiellement méditerranéen est utilisé même dans mon pays d'origine, le Liban, pour un plat de seiche à l'encre, servi froid, en mezzé. C'est en voulant mettre par écrit quelques recettes autour de l'encre, que j'ai soudain compris l'évidence d'un livre sur l'encre de seiche, car on écrit (et dessine) avec l'encre bien plus naturellement qu'on ne cuisine. Ma rencontre avec Zeina, magicienne de l'encre, a confirmé la nécessité d'écrire et de décrire la manière de cuisiner et de déguster l'encre avec la même encre. La boucle est ainsi bouclée.
    Il ne reste plus qu'à suivre l'encre noire (de seiche) dans ses savoureuses aventures, dessinées et cuisinées.

  • On les disaient venus de Perse. En franchissant le perron de la grande maison d'Alep ; nous pouvions les voir se profiler comme un tableau juste en face de l'entrée, dans l'embrasure de la fenêtre côté jardin.
    Leurs branches se couvraient dès la fin du mois de juin de fleurs rouges majestueuses ; clochettes élégantes et joyeuses . Le premier donnait des fruits opulents, aux arilles grenat et au jus acide tandis que le second en produisait des plus petits ; couleur jaune orangée qui nous surprenaient une fois épluchés par leur douceur et leur parfum vanillé. Mon grand père aimait à dire que ces grenadiers - symboles de vie - la racontaient un peu à leur façon.

  • Ça a débuté comme ça, pour rire, ou plutôt sérieusement mais sans se prendre au sérieux. Mes copines « cochonnettes », amatrices de bonne chère, d'abats, et de charcuteries cherchaient un sujet adéquat pour mon premier livre, les « couilles » sont apparues comme une évidence.
    Les couilles ne sont guère abordées dans les livres de cuisine, pourtant elles firent les délices de la cuisine de cour sous Louis XV, furent un hors d'oeuvre friand de la cuisine classique et bourgeoise au XIXe siècle, et l'un des mets canailles préférés des professionnels de la viande à la Villette, à la grande époque des Abattoirs. Laëtitia Visse collecte auprès de cinq chefs des recettes qui les mettent en scène, et se penche à son tour sur ces abats tant négligés. Des recettes pour leur rendre hommage, qu'elle ne manquera pas de mettre à la carte de son restaurant « Vorace » qui ouvrira à Marseille à l'été 2020.

  • « Connais-tu le pays où fleurit l'oranger ? » chante la jeune Mignon dans le charmant opéra-comique en évoquant l'Italie où le bigaradier fut rapporté à l'époque des croisades, précédemment transmis par les Perses aux Arabes. Véritable invitation au voyage, le parfum délicat de la fleur d'oranger nous transporte immédiatement vers les effluves de la cuisine méditerranéenne et ses saveurs ensoleillées. Fleurs, feuilles, branches et fruits procurent chacun à leur manière de multiples fragrances et nuances comme autant de couleurs sur leur arbre. Les fleurs, très odorantes, sont d'un blanc pur. Le fruit, la bigarade, appelé communément orange amère, a une écorce épaisse et rugueuse et la pulpe, au goût puissant et acide, est impropre, fraîche, à la consommation mais excellente en confiture...

  • Nourriture printanière par excellence, le pissenlit n'est pas seulement bon pour son croquant et sa légère amertume, mais il nous purifie. Les pissenlits des champs sont aimables aux gourmands, juste au moment où la végétation reprend de l'allant. Avant l'arrivée des fleurs. Car manger le pissenlit par les feuilles, ne se fait pas au hasard. Les pissenlits trop verts, sont trop rêches, trop amers à la gargoulette. Il faut du pissenlit bien blanc, étiolés à l'abri de la lumière. Tout comme il faut faire le tour du marché pour trouver la bonne marchande au panier qui propose des pissenlits au printemps, il faut faire le tour de la campagne pour repérer LE près à pissenlit. Il doit être le plus naturel possible et entretenue de préférence par un paysan rejetant les pesticides. Une fois découvert, le près à pissenlit se mémorise. Vous pourrez y faire plusieurs récoltes pendant la courte saison du pissenlit sauvage.

  • Celui qui nous intéresse ici est le petit gastéropode marin noir, bref le vrai bigorneau (Littorina littorea) et qui est comestible. À l'heure où l'obsession générale est d'aller toujours plus vite et d'être en permanence connecté, mettre à l'honneur le bigorneau qui, pour moi, breton de souche, de coeur et de tripes, est l'éloge même de la lenteur, est ma façon de nous rappeler l'urgence de prendre son temps, de laisser le temps nécessaire pour que les choses se fassent ! Lenteur dans la vitesse de déplacement bien sûr, même si personne n'a jamais vu cet animal se déplacer. Lenteur de la cueillette, lorsqu'enfants nous allions le pêcher. Soulever les touffes de goémons ou de grosses pierres, chercher cette mare, pas trop profonde où se cachent ces colonies de bigorneaux... des heures pour en ramasser suffisamment pour en faire le repas du soir.

  • J'ai depuis toujours une passion pour le carpaccio. Il est devenu incontournable pour nos déjeuners du samedi et le premier objectif de mon marché du week-end... Quand je pars faire mon marché le week-end, je pars toujours sans idée précise pour mon carpaccio, c'est l'ingrédient de base qui va donner le « ton », j'imagine ensuite, comme un jeu, avec quels ingrédients l'associer... un végétal ou une herbe aromatique, un agrume ou un vinaigre et enfin les épices et le poivre pour compléter le plat. Je donne juste ce qu'il faut de conseils et de bons gestes... Vous trouverez dans cet ouvrage 30 de mes associations préférées illustrées avec poésie par Alessia Serafini. À vous maintenant de vous les approprier et d'oser vos propres accords.

  • « C'est un brun presque noir, au caractère bien trempé, ténébreux, au regard limpide et brillant, au parfum intense d'une senteur aigre-douce tout en équilibre et délicatesse, une harmonie durable de notes boisées.
    C'est un élixir suave, un éloge à la lenteur dans tout ce qu'elle a de plus noble... Grace à sa progression continue selon les degrés de maturation ce condiment umami par excellence, miracle de la nature, enrichi à l infini de substances aromatiques, est un vrai dilemme à utiliser comme ingrédient. Je conseille de l'approcher avec dévotion et, humblement, le siroter tout seul en fin de repas, sans se soucier du temps qui passe. »

  • Brioché, riche, moelleux, généreux, enveloppant dans ses effluves de beurre, de fruits confits et de raisins secs : c'est une exaltation de parfums et de saveurs, une consistance légère et alvéolée sous forme d'un grand pain sucré.
    C'est avec une tranche de panettone que les familles italiennes échangent leurs voeux de Noël. Entre histoire et légende, une tradition chargée de mythes et de symboles, on ne sait pas vraiment si ce gâteau est né d'une grave erreur ou d'un grand amour. La vérité historique lui attribue son origine au Moyen Âge, où, pour célébrer dignement Noël, la coutume était de garnir le pain quotidien au froment de miel, de zestes d'agrumes, de fruits secs et de beurre. Mais seul le pain milanais s'est transformé en panettone, avant de se répandre dans toutes les provinces d'Italie et bien au-delà.

  • L'esprit Chapel

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    • Epure
    • 4 Décembre 2020

    Dans son unique ouvrage « La cuisine c'est beaucoup plus que des recettes », paru en 1980, le chef Alain Chapel, triplement étoilé pour son restaurant de Mionnay donnait à voir une philosophie de cuisine qui allait bien au-delà d'une simple succession de plats, d'astuces et de techniques. Cette philosophie dessinait une réelle quête de sens, d'harmonie, un profond respect pour son terroir, pour les producteurs, pour la préservation du bon et des savoirs-faire.
    Locavore et anti-gaspillage avant l'heure, Alain Chapel qui connaissait absolument tous ses fournisseurs, et fréquentait le marché de Lyon, s'assurait de ne traviller que les meilleurs produits de son terroir. Allant parfois jusqu'à ressusciter d'anciennes variétés de fruits, disparues pour cause de non conformité esthétique...
    Ceux qui l'ont connu, ses proches, d'anciens membres de sa brigade, mais aussi d'anciens clients réguliers, racontent ce qu'ils ont gardé de l'homme, du chef, de l'esthète, de l'ami fidèle. Ils évoquent les voyages, la musique, le vin, les longues balades en forêt ou en montagne, l'amour du beau, du geste, des fleurs, des animaux, des grandes réunions de copains autour de dîners de vignerons ou de la Saint-cochon et bien-sûr du football... Autant de choses qui ont nourri l'homme et inspiré le cuisinier.
    Et c'est justement l'homme derrière le grand chef que l'on veut raconter aujourd'hui. Car le métier de cuisinier pour Alain Chapel était beaucoup plus que la somme des recettes qui reste de lui et qui ont inspiré des générations de chefs. Un ouvrage largement illustré de documents d'archive inédits.
    Aucun ouvrage sur ce chef emblématique n'est paru depuis 37 ans. Ce livre est très attendu dans le monde de la cuisine, par les professionnels et les amateurs.

  • Alessandra Pierini est italienne et épicière à Paris ; Sonia Ezgulian est d'origine arménienne et cuisinière à Lyon. Ces deux-là se croisent depuis des années, elles partagent la même passion des beaux produits et sont très impliquées dans la transmission culinaire. Alessandra et Sonia ont décidé de faire vraiment connaissance et de partir ensemble aux sources des pâtes, à Gragnano et à Naples pour célébrer l'art de vivre à l'italienne.
    Soutenues par Garofalo, pastificio à Gragnano, elles signent ensemble un ouvrage atypique, à la fois recueil de recettes et carnet de voyages ponctués par les dessins et collages de Sonia Ezgulian et les photographies d'Emmanuel Auger. Les deux complices confient aussi dans ce livre leurs meilleures adresses de restaurants et de producteurs pour découvrir les produits italiens indissociables des pâtes.

  • À l'automne 2018 au coeur de la ville d'Arras, prenait vie une utopie solidaire sous la forme d'un restaurant éphémère appelée Le Grand RECHO. À l'initiative d'une association agissant pour l'inclusion des exilés à travers la cuisine - Le RECHO-, et du maire d'Arras, ce projet collaboratif fit le pari ambitieux de réunir tous les acteurs d'un territoire autour de la question de l'accueil. Pendant 10 jours, ce lieu réunit des communautés qui n'auraient jamais eu l'opportunité de se rencontrer. Chefs étoilés ou non, exilés, associations, artistes, étudiants, bénévoles... Plus de 3000 personnes ont fait battre le coeur d'un véritable festival de la cuisine solidaire, avec plus de 300 personnes par jour nourris de la même envie de se rencontrer par la cuisine. Albanais, Géorgiens, Erythréens, Somaliens, Syriens, Soudanais, Lybiens, Indonésiens, Irakiens, sont venus mélanger leurs savoir-faire et leurs recettes, raconter leur pays à travers la cuisine, avec des hommes et des femmes d'Arras, de Paris et d'ailleurs. Ensemble avec une quinzaine de chefs et cheffes engagés (Alessandra Montagne, Mohamed El Khaldy, Amandine Chaignot, Florent Ladeyn, Sonia Ezgulian, Gabriel Asseman, Michel Troisgros, Luc Legendre, Manon Fleury, Edouard Loubet, Virginie Dufour, et Olivier Roellinger) ils ont ri, cuisiné, dansé, chanté, raconté, se sont mis à table ensemble et ont inventé la plus belle des recettes, celle de la fraternité.
    C'est la richesse et la créativité de la cuisine née de ces rencontres inédites que ce livre propose à son tour de faire partager, en recettes et en images, à la façon d'un album, afin de faire revivre cette aventure culturelle et gastronomique éphémère autant qu'unique. Un témoignage vivant et gourmand immortalisé par le talent de cinq photographes (Alice Barbosa, Jérémie Croidieu, Anne-Claire Héraud, Valérie Lhomme, Sarah Chouraqui), illustrant que l'envie de cuisiner ensemble est la plus belle des promesses, révélatrice de l'opportunité d'un vivre ensemble riche d'humanité.

  • Il n'y a qu'une Bouillabaisse, même si il existe des bouillabaisses. En donner une recette c'est prendre le risque de froisser les mânes marseillaises et provençales. Raymond Oliver en fit l'amer expérience et Marius Morard dont l'héritage culinaire était promis à l'immortalité, finit par sombrer dans l'oubli pour avoir révéler que son secret, fada, c'était de lier le bouillon au beurre. Où il sera question de l'opportunité de la pomme de terre et des langoustes, du fenouil ou du persil, et bien sûr de la rouille. Pour tout dire, la Bouillabaisse ce n'est pas une recette.
    C'est un pacte entre la Nature, l'Homme et l'Histoire. Bien loin de toute charte, elle est vivante et pour tout dire elle doit avoir « le parfum de la rose des vents » (Raymond Dumay). Et si Marseille en est devenue le creuset, c'est parce qu'elle est une « bouillabaisse de ville, sans entrave, passionnée et vivante ». (Julia Child)

  • Lorsqu'un été en Bretagne, je garde une miche de pain au levain de blé fraîche plus d'une semaine, je décide qu'il est temps de raconter avec mes mots, mes expériences le levain que l'on nourrit chez Poilâne depuis 1932.
    « Poilâne, des grains aux pains » est un livre qui raconte la tradition boulangère commencée par mon grand-père, Pierre, en 1932. Comment mon père, Lionel Poilâne, a développé avec ma maman notre boulangerie de quartier en une entreprise familiale de renommée internationale. Et comment j'ai pris la relève en 2002, suite à son décès brutal.
    Ce livre est une déclaration d'amour pour mon métier, ou comment nos pains, biscuits et pâtisseries boulangères sont non seulement des nourritures mais peuvent devenir des ingrédients ! Au fil d'une immersion dans le quotidien de la boulangerie, je suggère comment ne pas perdre une miette de nos pains de blé, seigle ou maïs. Enfin, je partage un regard sur mon métier qui a été nourri et façonné par 2 générations d'hommes singuliers et 18 ans de rencontres et d'échanges au service des grains aux pains.
    C'est en Bretagne que la graine de livre a germé. J'ai voulu partager ce projet avec la famille Roellinger et c'est donc tout naturellement que de nos échanges et partages, l'évidence d'une préface par Hugo et Mathilde Roellinger a fleuri. Les enfants de Jane et Olivier Roellinger reprennent le flambeau de leurs parents à la tête des Maisons de Bricourt. Leur préface est ce relais générationnel qui a vu fleurir les amitiés.

  • « Issu de la même famille que certains choux sauvages, le brocoli découvert et adopté par d'insatiables épicuriens au temps de l'Empire Romain était très usité dans la cuisine de cette époque. Mais ce n'est qu'au XVIe siècle que Catherine de Médicis, l'a réintroduit sur les tables nobles et bourgeoises. Il était alors appelé à tort « asperge italienne ». Avec le manque d'intérêt de la population, le brocoli tomba peu à peu aux oubliettes.
    Depuis une vingtaine d'années, dans la lignée de la mode des « légumes oubliés », le brocoli est apprécié tant pour son aspect végétal, floral et son goût particulier que pour ses vertus et propriétés médicinales. Comme quoi, malgré sa présence assez discrète sur les étals, il est un puits de santé à ne pas négliger et à accommoder à toutes les sauces pour booster sa saveur ! »

  • « Déguster c'est comparer, c'est donc, à la base connaître. Pour connaître il faut multiplier ses investigations en observant, en notant ses impressions.
    Mais il faut savoir aussi que nos sens sont imparfaits, et que pour les rendre fidèles, la volonté, l'attention sont indispensables. Le temps aidant, car l'expérience est fort longue, la dégustation réfléchie procure au dégustateur, s'il porte en lui l'amour du Beau, du Vrai et du Vin, la joie profonde de pénétrer dans ce domaine où la nature se plait à concentrer son génie.» Jules Chauvet

  • « Comme souvent au Pays Basque et dans ses environs, contes et gastronomie sont liés. Selon la légende, Gaston Fébus, fier chevalier béarnais, blesse un cochon sauvage lors d'une chasse. Il retrouve l'animal dans une source d'eau salée, parfaitement conservé. Ainsi commença la salaison sur le bassin de l'Adour, ce fleuve dont nous avons parlé qui nait au Pic du Midi, traverse le Béarn pour finir sa course à la fois dans les Landes et au Pays Basque. Le jambon de Bayonne se retrouve également en pointillé à d'autres occasions : sur le portail de la cathédrale d'Oloron Sainte-Marie, à la table d'Henri IV, ou encore dans le Gargantua de Rabelais... »

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