Serre

  • La cuisine nissarde, élément incontournable de la culture niçoise, liée à l'évolution du Comté de Nice à travers les siècles, est reconnue aujourd'hui comme unique en son genre au point d'être éligible pour postuler au patrimoine culturel immatériel mondial de l'humanité. Copiée, maltraitée, bousculée, parfois mal réinterprétée, elle compte de nombreux défenseurs et bénéficie d'un label officiel rigoureusement contrôlé, attribué aux meilleurs restaurants spécialisés de la ville. L'essentiel de cet aspect majeur de la culture nissarde, cuisine passionnée et passionnante, de partage, de famille, de transmission, plus contemporaine que jamais, voilà ce que propose cet ouvrage écrit par un vrai passionné, dont la légitimité, épaulée par les autres spécialistes du comité technique du label officiel, ne peut être contestée. C'est l'un des ouvrages les plus complets et précis sur ce sujet hautement passionnel comme on sait l'être dans le sud de la France et particulièrement à Nice, capitale de la Côte d'Azur et du bien vivre. Écrites et testées depuis un premier ouvrage de cuisine publié en 1995, parrainé et préfacé par Roger Vergé, ces recettes ont été vérifiées et complétées par des membres du Comité technique du label Cuisine Nissarde géré par l'Office du Tourisme de Nice. Ce label est attribué aux restaurateurs qui oeuvrent à la valorisation de la cuisine niçoise en s'engageant sur le respect des recettes, la qualité des produits et des matières premières utilisées, la qualité d'accueil et d'information de la clientèle comme la conformité avec la réglementation en matière d'hygiène et de sécurité.

  • Durant la Grande Guerre, les Alpes-Maritimes, éloignées du front, furent épargnées par les combats. Mais, si les sanglantes batailles demeurèrent une réalité lointaine, d'autres épreuves se révélèrent terriblement présentes. Le contexte guerrier était attesté à chaque instant par la présence des blessés et des réfugiés civils repliés dans les grands hôtels, par l'effondrement du tourisme, principale ressource de la région, par les incessantes pénuries, les spectaculaires hausses de prix, donc l'aggravation de la pauvreté. La guerre souligna la vulnérabilité économique des Alpes-Maritimes. En effet, ce département, situé aux marges du pays, dépendant des importations pour l'énergie, le ravitaillement et beaucoup de produits manufacturés, souffrit durement de la fréquente interruption des transports. La population, marquée par l'angoisse qu'engendraient la longueur et l'incertitude des combats, mécontente des difficultés de la vie quotidienne, fit souvent preuve de nervosité, parfois de colère. Le littoral urbanisé des Alpes-Maritimes pâtit davantage des pénuries alimentaires et énergétiques que le haut pays rural, plus adaptable à une vie autarcique. Le littoral fut davantage atteint par les désordres sociaux, délinquance juvénile en forte augmentation, prostitution, mendicité. Mais les villes et les campagnes furent rapprochées par un facteur puissant : les inquiétudes sur le sort des hommes partis au front ou prisonniers, l'appréhension de recevoir une funeste nouvelle. L'anxiété et parfois l'expérience de la mort jouèrent un rôle unificateur considérable dans la société. Tout au long du conflit, l'opinion publique se manifesta avec force, aussi bien dans l'expression de l'anti-germanisme que dans la critique à l'égard des commerçants, des élus locaux, des responsables politiques les plus éminents comme le montra, entre autres, l'affaire du XVe corps. Mais, en dépit des épreuves et de l'ébranlement de nombreuses certitudes, l'adhésion au régime et à ses valeurs fondamentales, de même que l'appartenance d'un jeune département à la nation française ne furent jamais remis en cause.

  • Lili-Rose, Lou et leur cousin Baptistin adorent la cuisine niçoise. Ils proposent dans ce livre de suivre les recettes de leurs parents et grands-parents. Car c'est ainsi que les traditions se transmettent de génération en génération, même si chaque famille a parfois ses propres versions. Lili-Rose vous présente ses 50 recettes préférées : des plats salés, des desserts, et ces amuse-bouche, les coumpanage, qui permettent de se retrouver pour partager d'agréables moments. Vous pourrez les réaliser facilement et inviter tous vos amis pour les déguster. Elle va bien entendu demander de l'aide à sa maman qui pourra lui montrer comment couper les légumes, les poissons, les viandes, faire cuire les oeufs, et comment mettre les plats au four. Vous pourrez aller faire vos emplettes chez l'épicier, le poissonnier, le boucher ... Et si vous n'avez pas la chance comme elles d'avoir un paigran, un grand-père, avec un jardin potager, vous irez dans les marchés ou directement auprès des producteurs pour trouver, selon les saisons, tomates, courgettes, cébettes, etc. Vous irez cueillir dans la montagne les herbes aromatiques et les fleurs comestibles. Quand un enfant cuisine, il veut voir, toucher, sentir, goûter les produits... Surtout, laissez-le faire. Il peut commencer par brosser les légumes ou bien peser, mesurer, etc. Acceptez que la cuisine soit un peu salie : vous la nettoierez ensemble. Faites-lui surveiller la cuisson, goûter, ajouter la petite épice qu'il aime bien. Demandez-lui son avis, tentez des expériences ensemble : en plus des recettes au fil des saisons, vous trouverez des anecdotes, des astuces, des jeux, des activités autour de la cuisine de Nice et même des termes de cuisine en niçois. Maintenant, assez parlé : commençons à cuisiner avec Lili-Rose, Lou et Baptistin !

  • A la fin de l'année 1917, Henri Matisse, de passage à Nice, décide de séjourner durant plusieurs mois à l'hôtel Beau Rivage. Le soleil ayant succédé à la pluie, le peintre est séduit par la luminosité de la région. Débuteront ainsi des années de recherche et de création. Différents lieux marquent son oeuvre, au gré des saisons : l'hôtel Beau Rivage, le 105 quai des Etats-Unis (1918/19), la villa des Alliés, l'hôtel de la Méditerranée, puis plus définitivement, le 1 place Charles-Félix, cours Saleya, (1921) qui ouvre la « période des odalisques » A partir de 1938, sur les murs de l'appartement du Regina, se déploient les grandes compositions en papiers gouachés découpés ainsi que celles de la chapelle des dominicaines du Rosaire à Vence, inaugurée en 1951. Sur les oeuvres des périodes niçoise et vençoise, auteurs et historiens d'art ont mené de nombreuses études et les musées du monde entier ont réalisé d'importantes expositions. Cependant, aucun auteur ne s'était encore penché sur la vie quotidienne à Nice ou Vence, les traditions locales, les événements divers et surprenants, dont le peintre a pu avoir l'écho, ses rencontres et ses amitiés, de 1917 à 1954, année de sa disparition à Nice. Cet ouvrage est un kaléidoscope d'informations permettant au lecteur d'élargir sa vision en prenant connaissance de l'environnement d'une oeuvre pour mieux la comprendre. Sortir du tableau pour mieux le voir.

  • Le Musée d'Art et d'Histoire de Provence de Grasse conserve les procès-verbaux manuscrits des délibérations de deux Sociétés populaires : la Société de la ville de Grasse et la Société d'un de ses hameaux, Plascassier. Ces manuscrits ont été acquis par M. de Mougins-Roquefort, conseiller à la Cour des Comptes d'Aix en 1876, et donnés plus tard, en 1923, au musée de Grasse. Les deux registres in folio des délibérations quotidiennes de la Société républicaine de Grasse (Ms 40/1, 378 pages, et Ms 40/2, 232 pages) couvrent respectivement les périodes suivantes : 10 pluviôse an II (29 janvier 1794) - 28 thermidor an II (15 août 1794) pour le premier, 29 thermidor an II (16 août 1794) - 9 nivôse an III (29 décembre 1794) pour le second. Les deux petits cahiers des délibérations, très irrégulières, de la Société de Plascassier (Ms 41/1, 38 feuillets et Ms 41/2, 25 feuillets) s'étalent sur une période plus large : 27 avril 1792 - 29 pluviôse an II (17 février 1794) et 30 pluviôse an II (18 février 1794) - 7 vendémiaire an III (28 septembre 1794) pour le second. Ces documents n'ont jamais été publiés. Les Sociétés populaires de Grasse et de Plascassier elles-mêmes n'ont jamais été étudiées autrement que dans une histoire générale, soit du département du Var soit de Grasse, au cours de la période révolutionnaire. Un seul auteur a abordé très succinctement la question, au sujet de la Société de Plascassier. En publiant l'intégralité des procès-verbaux de ces deux Sociétés, les auteurs ont voulu approcher au plus près leur vie quotidienne, différente et complémentaire selon que les membres habitent dans la ville ou dans son hameau. D'autre part, alors que la plupart des procès-verbaux des délibérations de la Société de Grasse sont perdus pour la période qui va de 1791 au début de début de 1794, ceux de Plascassier, qui commencent avec la création de ce club en 1792, permettent de jeter un regard sur la Société de la ville qui l'a créé, qui lui a donné son règlement et qui le domine dans la plupart de ses décisions. Puis, à partir du 10 pluviôse an II jusqu'au début de l'an III, les procès-verbaux des délibérations de la Société grassoise prennent, en quelque sorte le dessus. Ils permettent en effet de saisir directement, en cette période privilégiée de la vie des sociétés politiques, les préoccupations et les actes du club des sans-culottes, tant au niveau local de ses interventions auprès de la municipalité et du district de Grasse, qu'au niveau national de sa correspondance et de son réseau d'affiliations. Tout cela avec pour toile de fond, une guerre omniprésente et quasiment ininterrompue.

  • Connaître l'histoire du lieu où l'on vit, c'est un peu se découvrir soi-même. Il est important de transmettre les racines de notre identité à nos enfants, ainsi qu'à ceux qui ont choisi de vivre, ici et maintenant, à La Gaude. Car on ne peut vraiment aimer que ce l'on connait bien. L'histoire, comme on le sait, ne s'écrit pas seulement avec un grand « H » : elle est faite de petites histoires, de voix retrouvées, et d'images. Vous trouverez dans cet ouvrage l'histoire, et ses dates essentielles ; mais aussi et surtout les histoires de l'eau, du vin, des bigaradiers, des fleurs, des églises et chapelles, et celles des lieux de vie et de travail comme les écoles, les fours, les moulins, l'usine électrique, les fontaines, etc. ; les histoires de ces personnalités qui ont vécu à La Gaude et en ont établi la réputation ; ou celles des noms des quartiers de La Gaude qui racontent, à leur manière, l'histoire des hommes et des lieux où ils ont travaillé, vécu, aimé. En complément de l'ouvrage précédent, « La Gaude au fil des jours » qui racontait un village au travers d'une fiction romanesque, nous avons voulu expliquer comment nos aïeux ont façonné un pays et nous l'ont laissé en héritage. Je souhaite que nous soyons capables de le laisser à nos enfants et petits-enfants aussi beau que celui raconté dans cet ouvrage. Et comme on dit à La Gaude : que bouòn proun vous fague, faites-en bon usage.

  • Michel Belletrud, médecin et homme politique, fut un administrateur avisé et entreprenant, toujours à la recherche de solutions nouvelles, de projets d'ensemble audacieux. Comme médecin et directeur des asiles d'aliénés de Rennes, du Mans et de Pierrefeu dans le Var, il cherche inlassablement à soulager les malades et à apporter des conditions de vie décente aux infirmiers. Comme maire de Cabris (à partir de 1911), puis comme conseiller général (à partir de 1922), il mène une politique hardie à partir d'un constat : les villages du canton de Saint-Vallier se dépeuplent inexorablement et se meurent. Il faut donc sortir le pays de son isolement. Le programme que poursuit avec acharnement le docteur Belletrud se résume en trois points : développement de l'agriculture, création d'un système d'irrigation, construction de routes. L'agriculture doit s'enrichir par l'introduction de nouvelles techniques et de nouvelles cultures. Ces transformations ne seront possibles que si les villages possèdent un système d'irrigation efficace. Ce sera sa préoccupation principale, laquelle aboutira, en 1931, à la construction du canal qui porte son nom. Produire plus procurera des revenus supplémentaires, mais encore faut-il pouvoir aller vendre le surplus des récoltes. C'est pourquoi le docteur Belletrud cherche aussi à désenclaver le pays par de nouvelles routes qui permettront d'atteindre plus facilement les villes voisines et qui développeront le tourisme. Pour réaliser ce programme, il s'oppose à l'appétit sans partage des élus des villes de la côte et particulièrement de Nice. C'est dans ce but qu'il oeuvre au conseil général et qu'il se présente aussi aux élections de la chambre d'agriculture, élections dans lesquelles il se heurte non seulement au solide lobby des horticulteurs d'Antibes, mais aussi au préfet. A l'issue de ce dernier scrutin où il a emporté les suffrages, il ne peut s'empêcher d'écrire à « son cher préfet » une lettre qu'il ne postera pas, mais qui, dans son apostrophe finale, résume bien ses engagements successifs : « Quant à moi, j'ai choisi le côté des pauvres, des travailleurs, de ceux qui en définitive « hériteront la terre ». Le parcours du docteur Belletrud comme médecin et comme homme public, n'a été possible que grâce à son caractère résolu et pugnace, grâce aussi à une vision d'ensemble des problèmes de sa région. Il n'a « lâché » prise devant aucun obstacle. Guidé par ses convictions politiques tout au long de sa vie, le docteur Belletrud est assurément une figure de la Troisième République.

  • A la fin de la Première Guerre mondiale, un jeune immigré piémontais, Jean Spada, charrie les cailloux du Paillon dans son charreton.
    Dans les années 1960, il se retrouve à la tête d'une des plus grandes entreprises niçoises du bâtiment... A travers l'histoire de cette entreprise sont abordés de façon insolite les conditions de travail, le développement des syndicats, la force de l'immigration, l'évolution des techniques et la transformation du paysage de la Côte d'Azur tout au long du siècle dernier. C'est aussi l'histoire d'artistes installés dans les anciens locaux de cette entreprise et qui deviennent, parfois malgré - eux, les acteurs de la réhabilitation d'un patrimoine industriel en friche culturelle.
    C'est un recueil d'anecdotes et de souvenirs d'hommes et de femmes qui se croisent en un même endroit, la halle Spada, et qui nous racontent un certain XXe siècle à Nice.


  • le tome 3 de pistes du maroc à travers l'histoire propose une quarantaine de parcours totalisant 5000 kilomètres de pistes entre les vallées de l'oued draa et la seguiet el hamra.
    ce n'est pas seulement une immense zone désertique plane, couverte d'herbe à chameaux et encore largement méconnue des dpm, mais c'est également le domaine des célèbres reguibat oú ceux qui ont l'âme poétique auront des chances de rencontrer le " petit prince " au coin d'une dune. l'histoire de cette partie du sahara marocain reste intéressante grâce à la légendaire ville de smara dont le ruche passé à été à l'origine de grandes aventures humaines et guerrières.


  • 1 autre édition :

  • Institutions ambiguës et hybrides, les prud'homies de pêche constituent à la fois une communauté professionnelle et une juridiction de pêcheurs. Elles ont peu changé depuis leurs origines médiévales sur les bords de la Méditerranée, elles conservent une physionomie patriarcale, paternaliste et même quasi-familiale dans l'exercice quotidien de leurs attributions. Elles sont d'ailleurs encore régies par le décret, à peine modifié, du 19 novembre 1859 sur la police de la pêche dans le cinquième arrondissement maritime, qui comprend les ports et côtes de Méditerranée. Ce décret leur confère des prérogatives particulières qui octroient aux pêcheurs une certaine autonomie et font toute l'originalité de l'institution. Elus par leurs pairs à la tête des prud'homies et placés sous l'autorité exclusive du ministère de la Marine, les prud'hommes pêcheurs sont fortement ancrés dans les sociétés locales et cumulent une pluralité de pouvoirs dans les domaines économiques, sociaux, réglementaires, disciplinaires, de police, juridiques et écologiques. En ce sens, l'institution n'a pu que susciter la curiosité, voire la perplexité et l'interrogation, de la doctrine française et des tribunaux depuis le XIXe siècle. L'intérêt de cet important travail de thèse est d'expliquer, grâce au dépouillement de nombreuses sources archivistiques, la pérennité exceptionnelle des prud'homies de pêche malgré les nombreux changements de régime politique, et leurs pouvoirs exorbitants de droit commun. Il permet aussi de mesurer quels rôles effectifs peuvent encore avoir les prud'homies face aux transformations de la pêche maritimes et autres organisations nationales et européennes, parfois concurrentes.

  • Le colloque « Production de la norme environnementale et codification du droit rural dans l'Europe méridionale entre France et Italie XVIIe-XXe siècles », tenu à Nice en décembre 2016, est la dixième rencontre organisée dans le cadre du P.R.I.D.A.E.S. (Programme de Recherche sur les Institutions et le Droit des Anciens États de Savoie). Né de la volonté des chercheurs du laboratoire ERMES de l'Université Côte d'Azur et du laboratoire CDPPOC de l'Université Savoie Mont-Blanc, il se situe dans le prolongement d'une rencontre antérieure, ayant déjà donné naissance à un ouvrage, publié dans la même collection en 2014 : « Protection et valorisation des ressources naturelles dans les États de Savoie ». À l'occasion de cette première rencontre, divers travaux avaient souligné l'abondance de la règlementation environnementale et rurale, dont l'analyse se poursuit ici à travers sa production, sa codification, son application et son respect. Vingt-et-une contributions, émanant de chercheurs français et italiens, étudient des espaces proches (Provence, Pays niçois, Corse, Ligurie, Piémont, Savoie, Dauphiné) mais très différents par leurs ressources naturelles et les activités économiques qui s'y déploient. La règlementation qui les accompagne offre ainsi une grande diversité qui est évoquée d'abord à travers la production et l'évolution de la norme environnementale, depuis le droit féodal jusqu'à la législation contemporaine. C'est notamment la grande richesse des bans champêtres qui donne ici toute la mesure de l'importance de ce droit. D'autres contributions viennent ensuite en décliner l'application, dans tous les domaines où il régissait la vie des hommes : celui de la forêt, entre nécessités d'exploitation et impératifs de préservation des ressources ; celui des activités agro-pastorales où s'imbriquent dans les mêmes espaces des activités multiples, donnant naissance aux terres communes ; celui enfin d'une constante surveillance et de sanctions nécessaires à la préservation des terroirs. Par la finesse des règles élaborées, et leur parfaite maîtrise des enjeux économiques, environnementaux et humains, la production de la norme environnementale et la codification du droit rural, à une époque que l'on pourrait aujourd'hui croire lointaine, offre en réalité le modèle d'un système institutionnel élaboré et durable de gestion des ressources naturelles.

  • Vous êtes un Niçois et vous savez que, si nous avons une histoire, une terre, une cuisine... nous avons aussi une langue et un devoir de mémoire envers nos enfants et petits-enfants. Vous aimeriez transmettre d'autres mots que « Issa Nissa » (allez Nice), « baieta» (bises), « mèfi » (attention) ou « paiàssou » (bouffon).. Vous êtes un « estrangié » (au-delà de Valence), vous aimez Nice et y habitez ? Notre langue fait partie de notre culture, de notre âme, et ça nous fera plaisir d'entendre dans votre bouche ces mots prouvant que vous avez envie de devenir un Niçois... on parle bien le français depuis 1860, nous ! Ce livre vous propose 100 mots essentiels pour parler niçois au quotidien. Ils sont complétés par des expressions plus « imagées », les chiffres ou les jours de la semaine, et quelques proverbes. Avec même un « chicou » de grammaire et des astuces de prononciation. Vous saurez bientôt répondre à celui qui vous demande : « l'as pagat lou capèu ? », ou traiter de « balourt, estassi, ou choucatoun », celui qui vous a coupé la priorité. Non, mais, « dau bouòn ! » Bienvenue à Nice avec une pincée de mots niçois, « un pessuc de nissart » Allez, « zou, baieta, e que bouòn proun vous fague » (bises, et que vous en tiriez profit).

  • La recherche que Mario Riberi consacre aux députés niçois à la Chambre subalpine de Turin entre 1848 et 1860 est d'une portée plus ample que ce que son seul titre pourrait laisser entendre. Sur une douzaine d'années, une quinzaine de députés en tout et pour tout sur sept législatures, et seulement cinq à la fois, perdus dans une Chambre de plus de deux-cents parlementaires, cela paraît bien peu à côté des Savoyards, des Ligures, des Sardes et des Piémontais. Et pourtant quels députés ! Quelles voix, quelles prestances et quels discours chez Garibaldi, de Foresta, Bottero, Laurenti Roubaudi, Bunico, Niel, Bergondi et bien d'autres pour défendre le Comté ! À travers les débats parlementaires largement explorés, cet ouvrage s'avère d'une richesse insoupçonnée, puisqu'il illustre tant les préoccupations locales de ces élus, liées au maintien du port-franc de Nice ou au désenclavement de l'ancien Comté, que des aspirations hautement politiques, liées à la future construction nationale italienne ou à la position à adopter à l'égard de la France. Ce faisant, à travers une enquête minutieuse s'appuyant sur des sources inédites et sur une bibliographie exhaustive, l'auteur explore un angle inconnu de l'histoire, et non seulement de l'histoire locale : celle de la nation italienne, ainsi que l'histoire française dont il aborde l'une des dernières annexions territoriales continentales ; sans compter qu'il offre aussi l'une des premières manifestations, au lendemain du Printemps des peuples, de l'apprentissage de la démocratie parlementaire.

  • Le colloque « Intégration des étrangers et des migrants dans les États de Savoie depuis l'époque moderne », tenu à Turin en 2017, est la onzième rencontre organisée dans le cadre du P.R.I.D.A.E.S. (Programme de Recherche sur les Institutions et le Droit des Anciens Etats de Savoie). À cheval sur les Alpes, débordant sur la plaine padane mais s'étendant aussi progressivement vers la Méditerranée, les États de Savoie sont un pays de frontières bouleversé par une histoire complexe. Dès lors, les mouvements de population y ont toujours été intenses, ceux des sujets mais également des étrangers et des migrants. La question abordée dans cet ouvrage, celle de leur intégration et des moyens, notamment juridiques, qui l'accompagnent est à la fois inédite au regard de la recherche historique et d'une éclatante modernité. Les vingt-quatre textes qui composent cet ouvrage s'articulent autour de trois questions : celle d'abord des causes et des formes de migration, qu'il s'agisse de mouvements d'individus ou de catégories d'étrangers se déplaçant pour des raisons professionnelles, ou bien de la prise en compte de communautés étrangères par leur religion. La seconde question est celle du statut de ces personnes, des droit qu'on leur reconnaît ou leur refuse, jusqu'à celle de leur nationalité. Enfin, et c'est la troisième question, l'intégration des étrangers et des migrants suppose aussi des aménagements et suscite des résistances illustrées par des études à la fois historiques et contemporaines. Ainsi, cet ouvrage, offre avec la profondeur de l'histoire, une page inédite du destin des États de Savoie, tantôt accueillants, tantôt plus réticents à l'égard d'étrangers et de migrants qui les ont enrichis de leur diversité. Ce livre joue ainsi pleinement son rôle, notamment dans le domaine de l'histoire institutionnelle et juridique, celui d'éclairer le présent à la lumière du passé, et, sur ces bases, permettre de construire l'avenir.

  • La République à visage humain retrace l'itinéraire politique du grassois Jean-François Ricord, maire de Grasse en 1791-1792, élu à la Convention en 1792, représentant en mission près l'armée d'Italie avec Robespierre jeune, puis dans le Var et les Alpes-Maritimes en 1793-1794. Contrairement aux deux autres révolutionnaires célèbres à Grasse, Jean-Joseph Mougins de Roquefort et Maximin Isnard, Ricord est peu connu de ses compatriotes, lesquels, lorsqu'ils en parlent, le traitent volontiers de « terroriste ». Pourtant, au cours de ses différents mandats, on le voit toujours soucieux d'établir une continuité entre anciens et nouveaux responsables locaux, particulièrement après la reconquête de Toulon révolté contre les Montagnards. Mais cette attitude ne l'empêchera pas d'être suspect, en tant qu'ami des Robespierre, aux yeux des Thermidoriens. Cet ancien « missionnaire de la République » selon l'heureuse expression de Michel Biard, reste en effet attaché à la Convention de l'an II qui a lutté contre les ennemis de cette République, tant à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur. C'est pourquoi il figure parmi les « derniers Montagnards » poursuivis après les journées révolutionnaires de Prairial. C'est pourquoi il fait partie des quelques anciens députés montagnards qui participent à la Conspiration des Égaux en 1796. C'est pourquoi enfin, malgré un ralliement affiché à l'Empire et à Bonaparte, l'ancien compagnon du siège de Toulon, Ricord se manifeste en républicain convaincu jusqu'à faire partie de la conspiration du général Malet de 1808 contre Napoléon. In fine, la vie de Ricord illustre le parcours de ces démocrates qui, nés avant la Révolution et fortement marqués par la philosophie du XVIIIe siècle, restent fidèles, à travers tous les régimes qui les proscrivent, à l'idéal républicain qui les anime.
    Ancienne élève de l'École Normale Supérieure de Fontenay, et directeur de recherche honoraire au CNRS, Marie-Hélène Froeschlé-Chopard a dirigé un séminaire intitulé « Anthropologie religieuse. Confréries, Iconographie, Cultures religieuses» à l'antenne marseillaise de l'E.H.E.S.S.
    Astronome honoraire à l'Observatoire de la Côte d'Azur, Michel Froeschlé, ancien premier adjoint à la mairie de Cabris, a également enseigné à la Faculté de philosophie de l'université de Nice.

  • Le modèle européen apparaît aujourd'hui en crise, et la construction de l'Europe des vingt-sept est en panne depuis le rejet de sa constitution par les Français le 29 mai 2005. Des voix s'élèvent cependant de tous les milieux européens, politiques, économiques, culturels pour surmonter ces difficultés et créer une autre Europe, car au fond, les Européens dans leur immense majorité restent attachés à cette aventure née il y a un demi-siècle, le 27 mars 1957. Sans doute faut-il chercher un nouveau souffle dans la dimension culturelle d'une Europe en gestation. Sans doute manque-t-il un " supplément d'âme " à cette Europe (Jacques Delors) qui a trop privilégié le marché au détriment de l'homme.Or, des personnages comme Garibaldi peuvent raviver cette conscience européenne mise à mal par des réflexes identitaires marqués par la crise que traversent les pays membres de l'Union européenne. Car Garibaldi est sans nul doute un héros européen, non seulement par ses actes, mais aussi par sa pensée et sa culture, ainsi que par l'historicisation dont il fut l'objet de son vivant comme après sa mort, de l'Atlantique au fin fond de la Sibérie.Alors que reste-t-il aujourd'hui du caractère européen de cet Italien " d'exception qui se glissa dans le Panthéon moral de la France " (M. Agulhon), né français le 4 juillet 1807 à Nice et mort italien le 2 juin 1882 sur son île de Caprera, au large de la Sardaigne ? Comment expliquer ses engagements européens tout au long de sa vie, au-delà d'un attachement intrinsèque à son pays en gestation, l'Italie ? Quelle fut la portée de ses actions, de ses prises de position, de ses engagements intellectuels, de ses réflexions européennes ? Au fond, Garibaldi n'est-il pas le héros d'une Europe en quête d'identité oe

  • Le tourisme d'hiver commence dès le début du XIXe siècle avec de riches hivernants qui fuient le froid, le spleen ou la phtisie. Tout est à portée de palette pour l'apparition d'une école de peinture de paysages : des acheteurs, un site, les couleurs et la lumière. Pourtant, ces peintres restent souvent méconnus du grand public. Même les Niçois ne se souviennent pas toujours que les Barberi, Besset, Biscarra, Martin-Sauvaigo, Matisse, Carlone, Dufy, Chéret, Comba, Costa, Trachel, Mossa, Fricero, Caïs de Pierlas, Roassal, Rostan, Fer, Fossat, Ziem, Garneray, Garaud, Bashkirtseff, furent des peintres renommés avant de devenir des noms de rues.
    Des souvenirs précieux La société des hivernants, désireuse de rapporter des souvenirs de son séjour, les artistes répondent rapidement à cette demande avec des aquarelles de petits et moyens formats. La Promenade des Anglais, le port, les rades de Cannes ou Villefranche, Menton, forment les motifs privilégiés de ces peintres. L'aquarelle permet également de parcourir l'arrière-pays avec crayons, pinceaux et carnets de croquis.
    Une identité niçoise Ces peintures ne sont cependant pas que de précieux témoignages sur le Comté de Nice. Au-delà du souvenir, les Mossa, Fricero, Trachel, Costa, Comba, Defer livrent leurs états d'âme sur ce pay-sage, ses habitants, ses moeurs, et contribuent par là même à traduire une identité niçoise. Même si l'inspiration des « vedute » italiennes ou des aquarellistes anglais se retrouve dans leur production, celle-ci reste bien personnelle.
    Comme pour les écrivains de la même époque, la conception qu'ils se font du paysage est romantique et lyrique. Le paysage est à proprement parler un état d'âme, non seulement un miroir, mais encore l'âme elle-même.
    C'est à un vrai voyage initiatique avec ces peintres paysagistes qu'Alex Benvenuto vous convie.

  • Le bâtiment, d'abord palais de résidence dans un territoire éloigné du centre du pouvoir pour les souverains transalpins du Comté de Nice, devient en 1860 une préfecture française originale reflet de l'histoire spécifique régionale en « limen » et en marge : dans un premier temps impérial, théâtre de négociations internationales ce sera aussi, et encore sous la IIIe République, un salon cosmopolite de grande classe orchestré par le préfet, « hôte » de qualité. A la Belle Epoque, une imagerie esthétisante marquée du pinceau magique de Jules Chéret reflètera cette activité mondaine qui allait s'interrompre dans la boucherie fracassante de 1914-18.

  • Grandiose, magnifique, le chaos granitique du Siroua a créé un véritable labyrinthe noir, marron, beige, avec des roches aux noms bizarres connus des seuls géologues. Très montagneux, avec des arbres rares, le pays Ouaouzguit est presque exclusivement un pays de transhumance, avec une culture d'orge et de maïs en terrasses étroites auprès des villages; villages fondus dans le paysage et exposés au soleil près des sources fraîches et chantantes, des assifs à sec ou des barrages presque vides. Habités l'hiver, ils sont désertés pendant l'été. Presque tous les habitants suivent alors les troupeaux vers les azibs pour profiter de la production de lait et des jardins d'été. Tout au plus reste-t-il au village un gardien par quartier de maisons qui se charge d'irriguer les cultures et qui fait encore office de portier de l'agadir, le magasin commun, toujours en activité. Les tribus occupant les terroirs les plus élevés sont celles qui partent le moins longtemps, juillet et août seulement; d'autres, plus rares, s'ab entent de mars à septembre et pratiquent des cultures, grands jardins d'éden près des bergeries. Tout cela révèle une vie complètement différente de celle des Berbères de l'Atlas. Ignoré par la plupart des touristes, le Siroua présente une richesse culturelle indéniable. De nombreux greniers fortifiés témoignent du fonctionnement clanique passé et encore actuel dans plusieurs villages. Leur architecture et leur emplacement ont été déterminés par les contraintes du milieu (montagne, vallée, coeur de village...) et les menaces extérieures. Construits pour protéger des attaques étrangères, la tradition encore très présente aujourd'hui incite les villageois à toujours utiliser ces greniers, mais comme de simples entrepôts à récoltes. Il est rare d'y rencontrer une maison isolée. La règle a toujours été le village groupé, et situé sur le terrain en pente juste au-dessus de la zone des champs en terrasse. Les maisons sont pour la plupart, construites en leuh, souvent recouvert de pierres sur la face ouest, côté pluie dominante.

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