• Victor Bâton vit seul, dans une chambre de bonne miteuse, avec pour unique revenu une pension d'invalidité. Traîne-savates, il erre chaque jour dans Paris dans l'espoir de faire de nouvelles rencontres. La ville le renvoie à son extrême solitude, et agit en même temps comme une ouate protectrice. Mais chaque tentative de lier une relation est un échec. Et pour cause. Obnubilé par sa quête impatiente d'amitié, il fausse tout rapport, et projette sur ceux qu'il croise sa propre mesquinerie.
    Dans un style faussement simple, avec un « sens du détail touchant » selon Beckett, Emmanuel Bove dessine le portrait de cet antihéros agaçant autant que fascinant, et dépeint par touches, d'une précision extrême, la misère solitaire, le quotidien, l'absurdité de la condition humaine. D'une grande modernité à sa parution en 1924, ce texte, très salué à l'époque, a influencé beaucoup de nos contemporains.

    L'expérience de la lecture de Bove est unique. Pierre Michon.

    L'une des plus belles réussites littéraires du xxe siècle, et toujours aussi actuel. France 3.

    Postface de François-Henri Désérable.

  • Armand

    Emmanuel Bove

    Nous poursuivons après Bécon-les-Bruyères (2009) et Arrestations célèbres (2015) le travail d'édition de l'oeuvre d'Emmanuel Bove sous une forme nouvelle.
    Bove n'a pas encore trente quand en 1927 paraît Armand, son deuxième livre. Il est auréolé du succès de Mes Amis, publié deux ans auparavant. La critique est élogieuse et admirative. On compare le jeune écrivain à Proust et Dostoïevski.
    Armand est dédicacé à »Madame Colette». »Un livre humain, une émotion surhumaine», c'est ainsi que les éditions Émile- Paul annoncent le roman.
    L'atmosphère créée par Bove, avec ses descriptions minutieuses, ses ombres denses et ses lumières surexposées, cette »photographie» si singulière, est proche de l'expressionnisme allemand. »Bove sait peupler, surpeupler ces silences de tout ce qui recouvre le mutisme de ses héros: non seulement les sensations qui les bouleversent, mais ces infinitésimaux effets, ces minuscules échos du monde extérieur, qui, à toute minute s'enchevêtrent avec les réactions de notre esprit ou de notre coeur.»

  • Un soir chez Blutel

    Emmanuel Bove

    • Sillage
    • 27 Novembre 2018

    Quelques années après la fin de la Première Guerre mondiale, Maxime, un jeune vétéran, revient de Vienne, où il était parti faire fortune après l'armistice. N'ayant réussi à rien, sans un sou en poche, il reprend contact avec un ancien ami, André Blutel, dès son arrivée.

    Blutel, devenu médecin, l'invite à dîner dans le bel appartement que lui a installé sa maîtresse. Cinq invités les rejoignent. Au fil de la soirée vont se faire jour la somme des luttes, des mesquineries, des résignations par lesquelles tous ces petits-bourgeois ont dû passer pour conquérir leur statut social et s'y cramponner.

    Maxime n'a jamais su ni autant qu'eux voulu réussir. Ce soir-là, chez Blutel, il parviendra enfin à l'admettre, et peut-être même à comprendre pourquoi.

  • Avec ce court roman obsédant, Bove rend hommage au roman russe et nous rappelle ses origines slaves en imaginant un coupable obsédé par l'aveu d'un crime que nous ne connaîtrons pas, flanquée d'une Violette dont la plus grande misère est l'incapacité à comprendre les fluctuations de l'homme qu'elle accompagne. Il revient à ces figures qui traversent son oeuvre, désespérés qui veulent payer pour des fautes qu'ils ne sont pas sûrs d'avoir commises, jugés pour des crimes qu'ils sont prêts à avouer, coupables surtout de supporter leur misère en osant éléver la voix. Personnage fugace, Changarnier est une des plus belles figures de l'univers bovien, un récalcitrant pathétique qui ose crier sa misère en exigeant un respect dérisoire. Un Bove pour le coeur.

  • Dans ces textes courts - topographie d'une ville crépusculaire et récit d'un retour manqué -, Emmanuel Bove décrit, en pointilliste, l'aura de deux lieux finalement laissés derrière soi...

  • Coeurs et visages

    Emmanuel Bove

    • Sillage
    • 24 Juin 2016

    André Poitou, honnête bourgeois d'une soixantaine d'années, vient d'être décoré de la Légion d'honneur. Après une vie de labeur consacrée au commerce de la chaussure, il est parfaitement satisfait de sa réussite. Son bonheur est pourtant teinté de mélancolie : célibataire et sans enfants, il prend peu à peu conscience de la solitude dans laquelle il s'est enfermé. Il entreprend donc de se bâtir une vie sociale, et sa Légion d'honneur est une splendide occasion d'offrir à l'ensemble de ses relations un grand banquet.
    Coeurs et visages est construit autour de ce seul banquet. Fascinante galerie de portraits, le roman de Bove fait défiler un frère aigri, des subordonnés modestes ou flagorneurs, des « amis » autoproclamés, une chanteuse à la plastique impeccable, un président de syndicat pince-sans-rire, un journaliste raté...
    Exercice de virtuosité d'une rare délicatesse, Coeurs et visages est l'une des plus belles réussites d'Emmanuel Bove.

  • Le Pressentiment

    Emmanuel Bove

    Charles benesteau a pourtant tout pour être heureux: une belle situation, une femme aimante, une famille, des amis.
    Mais il décide de changer de vie. installé dans un quartier populaire de paris, il s'invente un avenir digne de son idéal.

  • Un homme qui savait

    Emmanuel Bove

    Comédien ou malade, paumé ou escroc, qui est vraiment Mau- rice Lesca ? Il vit avec sa soeur Emily dans un petit appartement de la rue de Rivoli. Il a cinquante-sept ans, c'est un ancien méde- cin. Il est très pauvre. Il mène une vie larvaire, en apparence, mais on se trompe peut-être sur le compte de cet homme qui joue avec une sûreté magistrale de sa gaucherie, de son incapacité pitoyable. Maurice Lesca est un mystère.

    Le monde tourmenté et cruel d'Emmanuel Bove n'est peut-être jamais mieux incarné que dans ce roman d'une perfection clas- sique.

  • On peut tenir ce roman inédit, terminé en juin 1939 et hanté par la guerre en marche, comme la plus autobiographique des oeuvres de son auteur : « J'ai quarante et un ans. Que vais-je faire ? L'impossibilité de répondre à cette question ne m'abat pas. Je sens qu'un événement va se produire », écrit-il à l'extrême fin de ce livre d'une vie, relation pathétique de ce qui aurait pu être.

  • Journal écrit en hiver

    Emmanuel Bove

    • Sillage
    • 10 Février 2016

    Publié en 1931, Journal écrit en hiver relate la décomposition d'un couple avec une minutie implacable.

    Le narrateur, riche oisif, y fait au jour le jour le récit de l'échec de son mariage avec une jolie jeune femme un peu frivole. Inquiet, jaloux, manipulateur, il est parfois lucide - pour mieux constater que les scènes qu'il fait vivre en permanence à son épouse les éloignent irrémédiablement. Incapable de dominer ses angoisses, prisonnier de sa puérilité et de son égoïsme, cet anti-héros bien dans la manière de Bove ne fera rien pour éviter la débâcle : il se précipitera au-devant.

  • Une dizaine de nouvelles publiées par Emmanuel Bove de son vivant dans divers journaux et magazines et qui n'ont jamais été réédités depuis (ni même, pour la moitié d'entre elles, répertoriées par ses biographes), suivi de la totalité de ses (rares) interviews, d'essais critiques et d'une bio-bibliographie détaillée, illustrée de plusieurs portraits et caricatures représentant l'auteur.

  • Arnold, héros bovien par excellence, vit dans une chambre obscure d'un petit hôtel de Montmartre. En pleine crise de désespoir, il est en proie à de vives angoisses... Ce roman débute par l'un des plus grands moments de bravoure littéraire d'Emmanuel Bove : la saisissante description d'un suicide qu'Arnold pense pouvoir contrôler.

  • La coalition

    Emmanuel Bove

    La Coalition est un des grands romans de Bove, parmi ses plus sombres :
    Inexorable chute vers la misère d'un couple constitué d'une veuve et de son fils pathologiquement incapables de subvenir à leurs besoins et qui vont sombrer dans la misère après avoir mangé l'héritage. Lui rechigne à l'effort et expose sa velléité permanente et ses espoirs fumeux ; elle dépense sans jamais réussir à admettre qu'elle perd tout. Au bout du compte une plongée saisissante dans le monde des nécessiteux qui refusent de se voir en pauvres. Roman de l'argent qui manque et rend fou, La Coalition est une oeuvre vertigineuse et fascinante, enchaînant le lecteur à ce couple morbide qui en deviendrait comique. On a évoqué à son propos Dostoïevsky, comme si le sang russe de Bove ressurgissait ici. Un chef-d'oeuvre !

  • « Allons, je ne vais pas tomber amoureux d'une fillette », songe Pierre Neuhart. L'industriel rustaud a conservé ses ambitions de jeune homme, artiste déclassé qui espère parvenir dans le monde par les femmes. Ému par la fragilité d'Éliane, jeune fille sensuelle et ingénue, il subit caprices et colères. Et l'amour embrase toute sa vie.

  • Tout commence par un mariage, celui d'Annie Villemur et Jean-Melchior oetlinger. Mais ce mariage est une mésalliance. Annie vient d'une famille bourgeoise et Jean-Melchior est pauvre. Il a eu aussi un fils, Jean-Noël, avec une mégère qu'il abandonne sans remords. Après la mort de Jean-Melchior, dix ans plus tard, Annie et Jean-Noël retournent à Paris. Veule, le jeune garçon n'en finit pas de décevoir sa belle-mère. Il commet les mêmes erreurs que son père : épouser des femmes qu'il n'aime pas et ne jamais achever ses études. Pourtant, son seul désir semble de plaire à Annie...

    Dans son roman le plus ouvertement autobiographique, lui qui sera allé de la pauvreté à l'opulence dans un éprouvant mouvement de balancier, Bove transpose de façon saisissante les épisodes les plus ambigus de son histoire familiale.

  • Petits contes

    Emmanuel Bove

    Les petits contes d'E. Bove paraissent en 1929. Il s'agit d'un recueil de 5 nouvelles où, à partir d'intrigues tout à fait minuscules, l'auteur de Mes amis réussit une fois encore à déployer son talent si particulier. La banalité apparente du propos apparaît comme inoffensive mais il n'en est rien, le génie de Bove réside dans ce paradoxe où le rien produit quelque chose d'apparemment plat, apparemment seulement car nul n'échappe à ce mystérieux envoûtement «bovien», à ce tour de force doucereux où le quotidien le plus identifiable renvoie implacablement à l'angoisse du vide. La lecture des petites histoires d'E. Bove est mélancolique mais cette légère tristesse qui juste affleure, avec délicatesse, est sans aucun doute la marque du grand auteur qu'il est et dont l'oeuvre mérite d'être lue.

  • Le Meurtre de Suzy Pommier. Durant la projection de son nouveau film, la jeune et ravissante vedette de cinéma, la prometteuse Suzy Pommier, s'éclipse. Les spectateurs restent pantois car, à la fin, cette dernière meurt étranglée par son amant dans la baignoire au cours d'une scène d'une rare violence. Dérangeant certes, mais le mauvais jeu de son partenaire demeure encore plus outrageant. On pourrait en rester là sauf que le lendemain matin, on découvre l'actrice, chez elle, étranglée...
    Dans sa baignoire ! Toute l'intrigue, ficelée de main de maître, entreprend de nous conduire rapidement vers le meurtrier. Ce serait sans compter sur un jeune inspecteur Hector Mancelle qui bravant sa hiérarchie, va finir par obtenir, à force d'obstination lucide, les aveux du véritable assassin. Emmanuel Bove possède la subtilité d'entraîner son lecteur en des méandres apparemment indistincts forgeant par la suite un discernement sans appel.
    Raskolnikoff. Comme une sorte d'hommage à Dostoïevski ouvrant la porte à la dubitativité... La Toque de Breitschwanz Ou autrement dit une voie toute tracée à des personnages oscillant entre pauvreté et richesse tels les protagonistes de ce roman policier signé en 1933 sous le pseudonyme de Pierre Dugast, roman subodorant des accents freudiens question sexualité et papier monnaie, deux obsessions au demeurant quotidiennes et planétairement partagées...
    Le cadavre d'une femme - disparue et recherchée - enterrée dans le jardin d'un pavillon de banlieue ouvre le bal aux investigations les plus fouillées nous emportant en une valse de découvertes toutes plus incroyables les unes que les autres sauf lorsque l'on connaît l'essence psychologique des ambitieux et celle plus enfouie des amours foudroyées. A travers un Paris bien défini tel le puzzle de la vie, le commissaire Croiserel (serait-ce un nom révélateur ?) s'adonne corps et âme afin de dévoiler les coupables - toujours au 36 quai des Orfèvres - à la manière d'un Hercule Poirot prenant le ton d'un Jules Maigret.

  • Adieu fombonne

    Emmanuel Bove


    comme la plupart des livres d'emmanuel bove, ce roman -écrit à compiègne -est un étincellement de réalités quotidiennes qui décrit une humanité sulfureuse.
    ici, les personnages ont tous l'échec dans les veines. adieu fombonne (roman initialement paru en 1937 chez gallimard) est gouverné par un humour froid, à la lueur métallique.

  • La mort de Dinah

    Emmanuel Bove

    Paris, années 1920.
    Un homme entre deux âges, entrepreneur de son état, contemple sa réussite depuis sa belle villa de neuilly. de jour en jour, il apprend à connaître sa voisine, une jeune veuve dont la fille dinah, âgée de douze ans, est malade. sa mère, dans l'impossibilité matérielle de l'envoyer se faire soigner dans un sanatorium, se décide à demander de l'aide à son voisin. la peur du manque, du qu'en-dira-t-on, et une certaine étroitesse de vue empêchent jean michelez d'accepter, mais il finit pourtant par se prendre d'affection pour la petite fille.
    Description subtile des moeurs bourgeoises, mais aussi d'une solitude très contemporaine, la mort de dinah (1928) est un texte pudique et émouvant signé par un des grands écrivains français du siècle passé.


  • Le Crime d'une nuit Le Retour de l'enfant
    Une nuit de Noël, pour devenir riche et accéder au bonheur, un homme misérable tue un banquier et lui vole son porte-feuille. Il se repent bientôt de son crime : rien, pas même l'argent, ne peut le sauver de sa solitude.
    Cinq ans après avoir quitté ses parents sans prévenir et en leur dérobant de l'argent, un jeune homme retourne chez lui. Arrivé devant la maison familiale, il hésite et repart, sans s'être montré.
    Voici deux récits de quêtes avortées, dans lesquels Bove tente de découvrir ce qui crée en chaque être les conditions d'un désastre.
    TEXTE INTÉGRAL
    PRÉSENTATION
    . Emmanuel Bove, un écrivain oublié ?
    . L'auteur dans son époque : les années 1920 en France
    . Le Crime d'une nuit, un conte réaliste
    . Le Retour de l'enfant, récit de la subjectivité
    . La parabole de l'échec
    DOSSIER
    . Itinéraires et échecs du personnage bovien
    . Bove face à lui-même : la difficulté de se définir


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