• On écrit une lettre pour s'excuser, pour avouer, pour faire une requête, ou par amitié, par besoin d'être en dialogue avec autrui. Écrire une lettre, c'est souvent exposer ses pensées, parler de soi : la lettre devient alors un espace où s'expriment le regret, les souvenirs, les désirs, les secrets. De par sa nature intime, le genre épistolaire est lié à l'idée du risque et du regret : risque de la confession, risque de se compromettre, regret de s'exposer, regret de la mémoire. Qu'en est-il de l'usage de la correspondance chez les écrivains et les artistes depuis la fin du xixe siècle ? Comment perçoivent-ils l'écriture de la lettre ?
    Chose certaine, l'écriture épistolaire fascine les écrivains et suscite l'intérêt de nombreux lecteurs. Les auteurs de ce livre ont donc voulu creuser la question en se penchant sur les lettres d'exil d'Émile Zola et de Camille Claudel, sur la présence de l'épistolaire dans l'oeuvre d'Amélie Nothomb et d'Emmanuel Carrère, sur la correspondance à sens unique (lettres anonymes, fantomatiques, ouvertes et intérieures) chez Arnaud Desplechin, Sophie Calle, François Emmanuel et surtout Annie Ernaux.

  • Placé sous le signe de l'authenticité, l'acte épistolaire est, chez Zola, un espace de révélation de soi et de l'oeuvre. Le portrait de l'écrivain souvent dépeint par l'histoire littéraire et la critique est celui du romancier ou du défenseur de Dreyfus. On connaît moins, en revanche, la relation que Zola entretient avec l'épistolaire, genre qu'il a pourtant pratiqué avec ferveur tout au long de sa vie. À travers huit études, ce recueil cherche à rendre justice et à faire la lumière sur une partie peu connue de l'écriture zolienne

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