• " Soudain, dans les eaux grises du lac immobile, c'est l'irruption brutale de la vie, et la truite jaillit.
    Un bond inconsidéré de plusieurs pieds, une immense envolée vers le ciel. Au moment critique où il se saisit de la mouche, lorsqu'il atteint l'apogée de sa trajectoire, le poisson semble flotter dans l'air, et, tandis qu'il demeure ainsi figé dans l'espace, sur ses flancs ruisselants et cambrés, durant un bref instant, on peut voir se refléter l'image d'un monde inversé. C'est ce monde fugitif, éblouissant, sa texture et sa nomenclature, l'influence qu'il exerce sur notre être, qu'explore Robert Lalonde.
    Il a pris ces notes sur l'art de voir, de lire et d'écrire en s'immisçant dans l'intimité des quatre saisons d'une année canadienne, près d'Oka. Aujourd'hui, il nous révèle pourquoi la fréquentation d'une pareille nature le conduit à la littérature. " JEAN-PAUL DUBOIS.

  • «L'enfant vit dans l'ombre de son père jusqu'à ce qu'un jour il projette sa propre ombre», dit un proverbe amérindien. C'est dans ce mystère que nous entraîne R. Lalonde avec un récit obsessionnel de l'initiation masculine.» Extraits de presse «Une écriture fabuleuse, maîtrisée de façon remarquable. Un livre magnifique. Un roman passionnant.» René-Daniel Dubois - Télé-Québec / Bazzo.TV

  • Ni pastiches, ni exercices de style, ces histoires sont écrites « sous l'influence » d'autres écrivains : Jean Giono, Colette, Flannery O'Connor, Francis Scott Fitzgerald, Gabriel García Márquez, Anton Tchekhov, Guy de Maupassant, Gabrielle Roy, Michel Tremblay. Participant de l'oeuvre de fiction de Robert Lalonde, tout en poursuivant la voie inaugurée dans Le Monde sur le flanc de la truite et Le Vacarmeur, ces neuf textes constituent autant d'hommages à des auteurs admirés, du « piratage par amour ». Le plus beau dans tout ça, le plus surprenant - j'aurais pu, évidemment, m'y attendre -, c'est que pillant à tour de bras je me suis vu retomber dans les sillons de ma calligraphie à moi, ce fameux timbre «naturel », qui est peut-être fait de bien plus de chants qu'on pense. Chemin faisant - car rien ne saurait arrêter le pilleur ravi ! -, je découvris, avec une joie quasiment surnaturelle, comment travaillait celui-ci, besognait celle-là, bûchait cet autre, virgulait et adjectivait cet autre encore, et crus même apercevoir le paysage qui tremblait dans la fenêtre de l'un, ou ventait dans celle de l'autre, pendant qu'il ou elle écrivait. À tel point que je fus souvent bien étonné de déposer ma plume, une fois l'histoire achevée, dans un présent absolument personnel et inimitable, où m'attendaient des occupations de revenant, pour lesquelles il me semblait que je n'étais pas né. R.L.

  • Un homme est visité par le fantôme d'une romancière morte depuis des lustres. Un autre cherche son frère qui s'est enfui de la maison où ils vivaient tous les deux. Un traducteur a l'audace de rendre visite à la poétesse dont il admire l'oeuvre. Courts romans ? Longues nouvelles ? Chacun des trois textes rassemblés ici propose une histoire complète, indépendante, différente par le ton et par le sujet. Bien sûr, ces histoires sont réunies par la grâce de l'écriture de Robert Lalonde, et y résonnent les thèmes familiers de l'auteur. Chacune raconte une errance, une quête, un chemin que parcourent des personnages à la recherche d'un être désiré, rêvé, perdu. Chacune raconte le combat contre le malentendu, contre le temps, contre tout ce qui nous sépare de ceux qu'on aime, de ce qu'on aime, et qui brille comme un coeur rouge dans la glace.

  • Iotekha

    Robert Lalonde

    • Boreal
    • 15 Avril 2005

    Iotékha', c'est-à-dire « il brûle », en langue mohawk, à l'image de l'auteur qui voit sa vie devenir fumée et qui essaie d'en lire le sens à travers ses volutes fantasques.
    Qu'est-ce qui fait qu'on ne peut cesser de fumer ? Qu'est-ce qui fait qu'on ne peut cesser de regarder autour de soi, de percevoir des correspondances, des harmoniques, entre les différentes formes d'art, entre le ciel étoilé et ce qui se passe en nous oe
    Dans ces carnets, Robert Lalonde s'appuie sur un souvenir d'enfance, sur un moment de son travail d'acteur ou d'écrivain, sur une phrase lue, sur une image, pour effectuer une plongée vertigineuse dans le temps qui passe et qui transforme tout. Il donne ici une méditation intimiste, à la fois grave et lumineuse, où il conjugue tout ce à quoi il est passionnément attaché : les livres, le théâtre, la vie sauvage, le geste d'allumer une cigarette.

  • Le périlleux passage de l'enfance à l'adolescence puis à l'âge adulte se trouve au coeur de toute l'oeuvre de Robert Lalonde. Le sourd travail du désir, l'élan vers la lumière, la fascination des ténèbres, la passion pour les êtres et les livres, la terrible sagesse de la nature, tous ces thèmes se retrouvent ici transfigurés par une manière nouvelle chez Lalonde de tisser plusieurs histoires, de les heurter les unes contre les autres pour en faire retentir toutes les harmoniques, et par un lyrisme d'un abandon et d'une audace encore jamais atteints chez lui.

    Avec ce nouveau roman, Robert Lalonde donne sans doute son oeuvre de fiction la plus importante de ces dernières années et pose un nouveau jalon dans son parcours d'écrivain.

  • Il n'y a qu'un écrivain de tout premier plan qui puisse ainsi transformer son histoire personnelle en une oeuvre qui arrive à toucher de manière universelle et inoubliable chacun d'entre nous.
    Robert Lalonde évoque de façon bouleversante celle qui fut sa mère, femme piégée par le destin et qui d'outre-tombe continue d'entretenir avec son fils un rapport de tendresse et de bataille.
    Ce n'est que plusieurs années après sa mort qu'il procède finalement à l'écriture de ce récit qu'il porte en lui depuis plus de quarante ans. Sans tomber dans l'anecdotique, il réussit à dresser un portrait vivant et émouvant de cette femme dans lequel le lecteur reconnaît la relation parfois douloureuse, parfois trop aimante, mais toujours marquante, que l'un entretient avec sa mère.

  • A l'etat sauvage

    Robert Lalonde

    • Boreal
    • 7 Mai 2015

    Un écrivain vit seul dans sa trop grande maison, encore hantée par la présence de son père, avec qui il y a vécu mais qui est depuis longtemps disparu, et par celle de la femme qui vient de le quitter.

    Son métier l'appelle sans cesse sur la route et l'amène à croiser des hommes qui, à un moment ou à un autre de sa vie, ont contribué à forger celui qu'il est devenu, ou des enfants, qui lui rappellent l'émerveillement ou la fragilité de celui qu'il a été.

    Robert Lalonde donne ici un roman-mosaïque composé d'une suite d'histoires qui se font écho. S'y dessinent toutes les figures des relations que les hommes peuvent tisser entre eux, mentor, disciple, rival, ami, amant.

    Dans une prose somptueuse, il peint de manière éblouissante la nature qui entoure ses personnages et où se reflète le moindre mouvement de leur âme.

  • La liberte des savanes

    Robert Lalonde

    • Boreal
    • 18 Août 2017

    Après Le Monde sur le flanc de la truite, après Iothéka', après Le Seul Instant, Robert Lalonde nous propose à nouveau des pages de ses carnets, les plus belles, peut-être, à ce jour. La Liberté des savanes, où règne un équilibre fragile entre l'ombre et la lumière, nous ouvre toutes grandes les portes de l'atelier de l'écrivain et de la bibliothèque de ce fabuleux lecteur qu'est Robert Lalonde.

  • Un garçon au seuil de l'adolescence observe son père, peintre du dimanche, « peintraillon », comme il le dit de lui-même, jeter un bouquet de couleurs sur sa toile. Sous le regard émerveillé de l'enfant apparaît la feuillaison rouille d'un grand hêtre, celui-là même qu'il a aperçu l'autre jour à l'entrée de la grande baie, encerclé d'épinettes, une nuée de carouges tourbillonnants autour de son faîte. Mais pourquoi diable le hêtre qu'a peint son père lui semble-t-il plus conforme au souvenir qu'il a du bel arbre de la baie? Son grand hêtre, hanté d'oiseaux amoureux et portant mi-juillet sa chevelure d'octobre, s'il est plus vrai que vrai, n'est-ce donc pas parce qu'il a été réinventé par le peintre?
    Robert Lalonde puise ici dans ses souvenirs d'enfance pour nous donner le plus poétique peut-être de ses livres en prose. Cette « scène primitive » dont il est témoin, ce corps-à-corps du père avec la toile et les couleurs, allume chez l'enfant un ardent désir de créer, mais qui pour lui s'exprimera par l'écriture.
    Ce livre est une méditation sur les liens qui unissent peinture et écriture, couleurs et vocables, formes et récits, faisant défiler les figures de Cézanne et de Zola, de Van Gogh et de Gauguin, de Suzor-Coté, d'Arthur Villeneuve et de Marc-Aurèle Fortin. Il évoque les amis peintres, toujours prêts à ouvrir leur atelier au littérateur, qui en sort ébloui, et le travail silencieux et solitaire de l'écrivain, que menace et aiguillonne à la fois la peur de l'échec, la peur de ne pas se montrer à la hauteur de la vision.
    Ce livre est avant tout un hymne à la création et aux créateurs, qui pour aller au bout de leur art doivent faire la guerre au doute, à l'à-quoi-bon, au babillage qui entoure trop souvent la création, mais qui ont pour devoir, pour passion, de faire leur joie, notre joie, en risquant tout pour mettre au monde une oeuvre.

  • Le Seul Instant

    Robert Lalonde

    • Boreal
    • 13 Avril 2011

    « On peut comprendre une chose en un seul instant, mais on la perd dans les longues heures qui suivent avec leurs semelles de plomb », écrit Oscar Wilde, enfermé dans sa prison. C'est de ce « seul instant » qu'il sera question dans ces pages. Pour ce qui est des « semelles de plomb » - la prison -, chacun sait à quoi s'en tenir. Mais qu'en est-il de cet instant qui oblige à sortir de soi, de cette courte illumination qui fait s'ouvrir l'oeil , frissonner la nuque, trembler nos certitudes et nous amène à douter de notre âge ? On a de nouveau sept ans et le monde redevient une énigme merveilleuse. » R.L.

    Robert Lalonde nous entraîne dans sa campagne l'espace de tout un été. Il nous ouvre les portes du laboratoire de l'écriture, nous fait témoins de l'opération alchimique qui se déroule entre l'oeil et le coeur de l'écrivain, entre la nature et les livres se répondant sans cesse. Grâce à son regard aiguisé, il nous donne à voir ces correspondances dont parle Baudelaire, et qui sont le souffle même de la vie.

  • Robert Lalonde accomplit devant nos yeux la subtile opération alchimique par laquelle le paysage extérieur se transforme en paysage intérieur, la vie donne naissance à la littérature.

  • Fou du pere

    Robert Lalonde

    • Boreal
    • 1 Avril 1988

    «L'enfant vit dans l'ombre de son père jusqu'à ce qu'un jour il projette sa propre ombre», dit un proverbe amérindien. C'est dans ce mystère que nous entraîne Robert Lalonde avec un récit obsessionnel de l'initiation masculine.» Extraits de presse. « Une écriture fabuleuse, maîtrisée de façon remarquable. Un livre magnifique. Un roman passionnant. » René-Daniel Dubois - Télé-Québec / Bazzo.TV

  • Le Vacarmeur

    Robert Lalonde

    • Boreal
    • 10 Mars 1999

    Je suis d'une famille de chasseurs, d'embusqués, de poseurs de piège.
    On me faisait marcher en avant, à grandes enjambées briseuses de souches et de silence, pour faire sortir le lièvre de sa cachette, s'envoler la perdrix du bouleau, se rapprocher le gibier des fusils. Je n'étais pas tireur, mais " vacarmeur ", celui qui n'aperçoit pas la bête qu'il traque, mais la cherche, la devine dans les limbes de la fardoche.
    Je n'ai pas choisi : traqueur je fus, traqueur je suis resté.
    Je marche sans cesse sur des sentiers de traverse, à l'affût, attentif, inquiet et espérant. Eternel " vacarmeur ", je fais toujours lever un gibier que je ne vois pas. Ecrire, c'est cela faire lever le gibier, écouter tirer les autres, dans un lointain très proche.
    Avec Le Vacarmeur, Robert Lalonde donne la suite du Monde sur le flanc de la truite. Dans une prose qui cerne le mystère avec une extraordinaire précision, il nous conduit au plus près du coeur ardent de l'acte créateur.
    Encore une fois, nos guides se nomment Rick Bass, Michel de Montaigne, Annie Dillard, Flannery O'Connor, Jean Giono ou Gabrielle Roy.
    Encore une fois, l'auteur fait participer la littérature à une célébration en même temps païenne et sacrée du monde et de la nature.

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